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Béguelin Michel · Ständerat · 2003-09-17

Béguelin Michel · Ständerat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2003-09-17

Wortprotokoll

Brièvement, j'aborde trois points:

1. Le premier concerne la célèbre consultation populaire du 2 décembre 2001. Plusieurs préopinants y ont fait référence: 84 pour cent du peuple a dit oui au frein à l'endettement. J'aimerais un peu nuancer ce triomphe. Je vous rappelle un fait: quinze jours auparavant, dans le cas Swissair, le pouvoir politique avait octroyé un crédit de 2,1 milliards de francs pour sauver une compagnie privée. Tous les sondages de l'époque expliquent que cela s'est fait contre la volonté d'une majorité du peuple qui était particulièrement fâchée. Et quinze jours après, il y a eu le vote sur le frein à l'endettement. 84 pour cent, c'est aussi une marque de la méfiance du peuple à l'égard de la politique, j'aimerais qu'on garde cet élément à l'esprit.

2. Tout à l'heure notre collègue Schmid a évoqué la précipitation - justifiée selon lui - avec laquelle ce dossier est traité: simplement parce qu'il faut que le budget de la Confédération 2004 soit propre en ordre. Alors, certes, le budget de la Confédération 2004 sera propre en ordre. Mais qu'en est-il de celui des cantons, quand on ne sait pas les conséquences, les conséquences précises et concrètes, des mesures que nous sommes en train de prendre? Mme Berger a fort justement relevé cet aspect-là. Nous sommes la Chambre des cantons, il s'agirait quand même de mettre l'accent sur ce point. Si vous questionnez les responsables des finances des cantons, chaque fois l'incertitude est extrêmement grande et dans ces conditions-là, au niveau des cantons en tout cas, les budgets 2004 seront dans le brouillard, à la limite improvisés.

3. Notre pays est en pleine crise économique. Nous sommes la lanterne rouge des pays de l'OCDE en matière de croissance économique. La priorité absolue de notre pays devrait être de tout faire pour stimuler la croissance économique qui est le facteur clé de la solution au marasme des finances publiques. Et nous, aujourd'hui, nous discutons, selon une procédure d'urgence improvisée et problématique, d'un projet qui va aggraver la crise, selon les déclarations mêmes du Conseil fédéral. Les mesures prévues vont freiner encore plus la croissance économique, de 0,8 pour cent; nous allons créer 8000 chômeurs supplémentaires. Comme d'autres orateurs l'ont dit, tout cela est incohérent, indigne d'une vision politique, c'est n'importe quoi! C'est de la non-politique.

Je soutiens la proposition de minorité Gentil.