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Leuenberger Ueli · Nationalrat · 2003-12-04

Leuenberger Ueli · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2003-12-04

Wortprotokoll

Le débat budgétaire actuel est quelque part biaisé. Le budget 2004 est prisonnier du programme d'allègement, un terme par ailleurs gentil qui cache un méchant programme de sombres coupes. Oui, des coupes sombres, lourdes de conséquences pour la solidarité et la cohésion dans notre pays, lourdes de conséquences pour la paix sociale et la solidarité avec les pays les plus pauvres de notre planète. Des pays qui ont le droit d'attendre des pays les plus riches de la même planète un engagement plus résolu et moins de pingrerie. Avant tout, c'est l'environnement qui trinque énormément à cause de la véritable hystérie d'économies dont la majorité de ce Parlement est atteinte.

La majorité bourgeoise de ce Parlement est engagée dans une course effrénée pour priver toujours plus la Confédération des moyens nécessaires et indispensables pour assumer ses tâches vis-à-vis de notre population et de notre pays. Les questions urgentes qui nous sont posées, les problèmes brûlants que nous devons résoudre ne sont pas l'endettement, d'autant moins que le paquet fiscal décidé par la même majorité - et contre l'avis de la plupart des cantons - accorde des milliards de francs de cadeaux aux plus nantis et à ceux qui ont le moins besoin d'un soutien financier. Nous sommes entrés dans un mécanisme infernal qui favorise les riches avec des cadeaux fiscaux, privant ainsi la Confédération et les cantons de ressources importantes. Pour faire face au manque de ces milliards gracieusement accordés aux nantis, il faut un nouveau programme d'économie, et encore un, et encore un, et ainsi de suite. Les propositions de l'UDC illustrent une fois de plus cette direction.

Les Verts se sont exprimés à maintes reprises pour critiquer et dénoncer la politique menée par le Conseil fédéral et la majorité du Parlement. L'exigence que les budgets publics doivent être équilibrés à moyen terme est une option idéologique et insensée, même du point de vue économique. Des manuels économiques néoclassiques admettent même que l'Etat peut s'endetter. Mais l'Etat devrait investir là où les privés ne le font pas, ou là où ils le font insuffisamment, bien que des bénéfices pour la collectivité en découlent.

Les générations futures bénéficieront particulièrement des investissements dans les domaines de la recherche, de la formation, de l'infrastructure et de l'environnement. Dans ce sens-là, le souci que les dettes d'aujourd'hui puissent représenter une hypothèque trop lourde pour l'avenir n'est pas justifié. Les générations futures profiteront des investissements intelligents que nous faisons aujourd'hui, par exemple sous forme d'un environnement intact, sous forme d'une société de plein emploi et d'une société dont le lien social sera renforcé. Laisser se délabrer certaines infrastructures, tailler à la hache dans les budgets de l'environnement, du social, de la recherche et de la formation, est une politique irresponsable.

Les CFF se sont excusés hier auprès de leurs usagers pour les désagréments causés ces derniers temps, tout en décidant d'engager du personnel supplémentaire pour faire face aux problèmes. J'espère que notre gouvernement et les partis politiques qui imposent la politique actuelle de démantèlement n'auront pas besoin de s'excuser dans quelque temps auprès de la population de notre pays pour les dégâts causés.

Le budget 2004 qui nous est proposé, comme le programme d'allègement, porte une atteinte inadmissible aux exigences du développement durable et d'une société solidaire.

Les Verts, vous l'avez certainement compris, ne voteront pas un tel budget.