Gentil Pierre-Alain · Ständerat · 2003-12-17
Gentil Pierre-Alain · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2003-12-17
Wortprotokoll
Je ne m'étonne pas tellement du contenu de l'interpellation, mais du ton avec lequel nos deux collègues l'ont défendue. Il me semble qu'on est en train de transformer un débat qui devrait prioritairement concerner les transports publics en une forme de querelle régionale et en une espèce de discussion de marchands de tapis. Je dois dire que cela m'étonne venant de collègues qui, habituellement, ont une hauteur de vue différente.
Je m'étonne beaucoup du contenu des propos qui ont été tenus tout à l'heure dans la mesure où on nous présente le message soumis à une procédure de consultation comme une agression envers une partie de la Suisse, comme un élément qui suscite une inégalité de traitement, comme quelque chose qui agresse une partie de la population. Je dois dire que, pour ma part, j'en fait évidemment une autre lecture.
La première chose, et l'objectivité veut qu'on le dise, c'est que le message incriminé concerne les liaisons internationales de la Suisse avec les pays voisins et j'observe qu'une grande partie des propos tenus par nos deux collègues le sont pour rappeler des promesses du Conseil fédéral en matière de trafic intérieur. Tout à l'heure et dans votre emportement, chers collègues, le premier exemple qui vous est venu à la bouche concernait la ligne Schaffhouse-Zurich qui, à ma connaissance, n'est pas encore une ligne internationale.
Dans cette affaire, il y a simplement une inégalité ou plus exactement une différence d'avancement dans les dossiers. Si le message propose en priorité le raccordement aux chemins de fer français, c'est que - et la réponse du Conseil fédéral est assez claire à ce propos - les tracés sur territoire français sont plus avancés que ceux sur territoire allemand et que cela justifie que l'on s'y rattache en priorité.
Il n'y a pas de la part du Conseil fédéral la considération qu'une direction doit être sacrifiée à l'autre; il y a la volonté de relier la Suisse à la France parce qu'en France les dossiers sont mûrs. Je vous rappelle que le TGV Rhin-Rhône a été mis à l'enquête, que cette mise à l'enquête est terminée, que les études françaises ont conclu que ce TGV serait probablement un des plus rentables qui circulera en France et que par ailleurs les sociétés, même parfois privées, qui exploitent le trafic entre Lausanne et la France sont bénéficiaires.
Donc, nous avons là des projets qui existent et qui sont mûrs, c'est la raison pour laquelle il est raisonnable de se rattacher au réseau français. Le message du Conseil fédéral ne préjuge en rien de ce que pourraient être dans le futur les relations entre la Suisse et ses voisins de l'est. Vous nous donnez, chers collègues, l'impression qu'au-delà de Zurich, peu de choses vous préoccupent ou vous intéressent. Cela a été dit ce matin, nous imaginons qu'il vous arrive tout de même, dans vos déplacements pour des raisons professionnelles, culturelles ou privées, d'aller quelquefois à l'ouest de Zurich. Il nous semble qu'un projet qui réduit la durée du trajet entre Zurich ou Bâle et Paris intéresse toute la Suisse, comme, soyez-en certains, les Jurassiens que je représente dans ce conseil sont tout aussi intéressés à l'amélioration du trajet pour aller en Allemagne ou en Autriche. [PAGE 1213]
Il me semble que le fond de l'affaire réside dans une affectation de moyens. Je me permets de vous dire, puisque vous êtes habituellement assez éloquents lorsqu'il s'agit de parler d'économies, qu'il s'agit ici de décider par quoi on commence. On a décidé de commencer par ce qui était prêt - critère qui, me semble-t-il, ne peut pas être contesté. Cela ne veut pas dire que lorsque d'autres dossiers seront plus avancés, on n'y accordera pas l'attention nécessaire, mais pour le moment, il faut bien dire que, sur le papier, il n'y a que des projets à l'est de la Suisse. Il y a des besoins en trafic intérieur qui ne relèvent pas du message incriminé alors que, pour l'instant, à l'ouest, il n'y a pas seulement des projets, mais des éléments qui se concrétisent. C'est pour cette raison que le Conseil fédéral préconise d'y affecter plus de moyens. Y voir autre chose et en faire un motif de querelle régionale m'étonne et me semble peu approprié pour arriver à une bonne solution en matière ferroviaire.