Couchepin Pascal · Bundesrat · 2004-03-11
Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 2004-03-11
Wortprotokoll
En ce qui concerne la situation de la recherche sur le plan européen, je ne peux pas me permettre de juger de la politique de la recherche dans les pays voisins. Je crois qu'une partie du problème que doit affronter maintenant la recherche française vient de la rigidité des structures des institutions en place, qui ont eu leur grandeur et qui ont produit des résultats extraordinaires dans le passé, mais qui ne sont peut-être plus adaptées à la concurrence internationale.
Doit-on rappeler que les collaborateurs du CNRS sont nommés à vie? Ce sont pratiquement, quels que soient les résultats, des gens dont la sécurité matérielle est assurée. C'est probablement agréable du point de vue psychologique, mais pas absolument décisif pour tirer le meilleur de tous les êtres humains. Il y en a qui donnent le meilleur d'eux-mêmes malgré tout; mais il y en a d'autres qui peuvent peut-être devenir un petit peu passifs. Je crois que c'est plus un problème de structure qu'un problème de fond.
D'autres pays essaient de remonter la pente, comme l'Allemagne. Il y a des pays qui sont très forts: la Belgique, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne. Alors, comment fait-on pour attirer les meilleurs chercheurs? D'abord il faut voir que la Suisse n'est pas si mal placée. Si vous regardez la proportion des professeurs étrangers dans les écoles polytechniques, c'est probablement une des plus fortes proportions. Si vous regardez le nombre d'étudiants étrangers dans les écoles polytechniques, c'est aussi une proportion importante. On peut faire mieux; certains émettent l'idée que, peut-être, une augmentation des taxes pour les étrangers pourrait être utilisée partiellement à donner des bourses à des étudiants étrangers particulièrement brillants qui, sans cela, ne pourraient pas venir en Suisse. Mais c'est un autre débat.
Je crois que ce que vous soulignez est juste. Il faut attirer les gens et il y a des idées de "green card", comme cela a été fait en Allemagne. Mais cela dépend d'une autre politique, [PAGE 302] qui est la politique des étrangers. Et peut-être pourriez-vous poser la question à mon aimable collègue, le ministre spécialisé.