Lexipedia

Darbellay Christophe · Nationalrat · 2004-03-16

Darbellay Christophe · Nationalrat · Wallis · Christlichdemokratische Fraktion · 2004-03-16

Wortprotokoll

Le groupe démocrate-chrétien a pris connaissance de ce volumineux rapport. Le redémarrage de l'économie attendu pour 2003 n'a pas eu lieu tout à fait comme prévu, mais les signaux annonciateurs d'une reprise économique sont là, avec la croissance économique solide aux Etats-Unis, la reprise notable de l'économie japonaise, alors que la stagnation fait rage en Europe occidentale. La Suisse devrait profiter d'une meilleure conjoncture au travers surtout de ses exportations.

J'aimerais m'arrêter quelques instants sur le chapitre clé de ce rapport sur la politique économique extérieure. Il est consacré à l'élargissement de l'Union européenne à l'Est. En mai prochain, dix nouveaux pays rejoindront cette Europe pour créer une Union européenne de 450 millions de citoyens et de consommateurs. Ces nouveaux pays - 75 millions de nouveaux consommateurs - font preuve d'un dynamisme économique très important. Leur potentiel de croissance est énorme et, pour la Suisse, il s'agit de tout mettre en oeuvre pour réellement tirer parti des chances que nous offre cette Europe à 25.

Durant les dernières années déjà, nos échanges avec les dix nouveaux pays membres de l'Union européenne ont crû dans une proportion qui est cinq fois plus importante qu'avec nos partenaires commerciaux traditionnels. Cela fait au moins dix ans que la Suisse se bat avec une croissance anémique et, sans aucun doute, une partie de l'antidote à cette panne de croissance se trouve à l'Est. Aussi, nous sommes convaincus qu'il n'y a pas de croissance économique sans une politique extérieure plus offensive. Si des mesures d'accompagnement sont nécessaires, au vu des différences de salaires entre la Suisse et l'Union européenne, celles-ci ne devraient pas dépasser le niveau des premiers accords bilatéraux.

En l'occurrence, nous nous engagerons pour l'élargissement de l'accord sur la libre circulation des personnes et ses mesures d'accompagnement dans les meilleurs délais, mais renoncer à cet élargissement serait aussi remettre en cause nos acquis dans le cadre des premiers accords bilatéraux qui sont, je le rappelle, capitaux pour notre économie. Nous suivrons donc avec attention les problèmes rencontrés par l'Allemagne dans certains secteurs de l'économie, en particulier la construction et la logistique, parce qu'il existe en effet un risque qu'on ne peut nier de nivellement par le bas des salaires pour les emplois non qualifiés. En ce sens, il est envisageable de renforcer, mais avec modération, l'inspectorat du travail, une mesure qui permettrait aussi, et par la même occasion, de combattre ce fléau que nous n'avons pas encore résolu qu'est le travail au noir.

L'élargissement à l'Est ne doit pas servir d'alibi quasiment systématique pour remettre en question les conditions de travail suisses. Ce faisant, on risquerait d'annihiler les chances offertes par ces nouveaux marchés qui sont prometteurs, si nous péchons par excès de protectionnisme. Nous nous battrons donc pour la flexibilité du marché du travail. Mais à l'inverse, les velléités de réintroduire, par des biais un peu détournés, comme souhaitent le faire Monsieur Fattebert et ses amis, un statut de saisonnier ne nous paraît pas acceptable. Ce serait une régression.

Dans tous les cas, il serait suicidaire d'être plus royaliste que le roi en cultivant le "Sonderfall" helvétique sur cette petite île de 7 millions de consommateurs au milieu d'une Europe unie qui en compte 450 millions.