Marty Dick · Ständerat · 2004-03-08
Marty Dick · Ständerat · Tessin · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2004-03-08
Wortprotokoll
J'ai beaucoup de compréhension et j'apprécie énormément ce que Monsieur Leuenberger a dit sur le service public. Je suis moi aussi inquiet de toutes ces conséquences de la modernisation et de ce qu'on définit généralement comme globalisation, et de voir que, dans notre société, tout a l'air d'être gouverné par le principe du profit. Mais - il y a un mais - je me demande si, avec ce problème de la Poste, on n'est pas en train d'exagérer un peu, de faire une bataille d'arrière-garde.
Ou alors, on pourrait dire les choses d'une autre façon: bienheureux est ce pays, qui peut consacrer tant d'énergie à un débat sur la Poste! Et je partage cette fois-ci surtout l'opinion de Monsieur Pfisterer: je trouve intolérable qu'on personnalise le débat. Cela n'a pas été tellement fait ici, mais ça a été très largement fait dans l'opinion publique, en attaquant de la façon dont on l'a fait Monsieur Gygi qui fait son travail, et comme j'ai été dans la commission qui suivait l'activité de la Poste, j'estime qu'il le fait aussi très bien. Monsieur Gygi, comme beaucoup d'autres, pourra méditer sur le principe qu'on n'est jamais trahi que par les siens!
J'aimerais simplement apporter mon petit témoignage. J'habite la périphérie, et je crois que c'est aussi la périphérie la plus lointaine: un petit village de montagne, une commune politique qui a 98 habitants, une église desservie par ailleurs seulement occasionnellement; il n'y a pas de magasin, pas de restaurant. Il y avait un bureau de poste, qui était ouvert un moment le matin, un moment l'après-midi; et il y avait le camion de la Migros qui passait deux fois par semaine. Aujourd'hui, il n'y a plus de bureau de poste, ni de camion-magasin de Migros. C'est très dommage, parce qu'au bureau de poste, les villageois se rencontraient: comme il n'y avait pas de restaurant et plus de magasin, c'était un lieu de rencontre.
On peut se demander si le rôle de la Poste est d'assumer des fonctions sociales. Personnellement, je ne le pense pas. Mais je dois aussi avouer, ayant déménagé il y a trois ans d'une zone urbanisée pour aller m'installer à la montagne où il n'y a plus de bureau de poste, que le service est absolument excellent: le matin, la postière m'amène le courrier bien avant le moment où je le recevais lorsque j'habitais en ville; si on a besoin d'argent, on le lui dit le jour avant et, au lieu d'aller au postomat, elle nous l'apporte; si on doit faire des paiements, dans la mesure où on ne les fait pas par [PAGE 58] ordinateur, on peut les lui donner; si on a besoin de timbres, on lui demande des timbres; si on n'est pas à la maison - et c'est vrai qu'on n'est pas toujours là lorsque la postière vient -, on lui laisse un billet lui demandant de laisser le courrier chez des voisins. Je dois dire que ça marche très bien.
Où j'ai l'impression qu'il y a des problèmes - et je l'ai vu moi-même -, c'est plutôt dans les villes, où je ne crois cependant pas qu'il faille attendre tous les jours une demi-heure. Mais c'est vrai qu'il y a peut-être des problèmes d'organisation et d'insuffisance de personnel qui doivent être examinés. De là à dire qu'une initiative populaire est nécessaire, je trouve qu'on va un peu loin. On a le droit d'exprimer le voeu que ce service public soit maintenu à un certain niveau de qualité, mais de là à toujours faire croire que tout va mal et que tout doit être changé, il y a un pas que je ne suis pas prêt à franchir.
Donc, je me rallie à la majorité de la commission, qui propose de rejeter cette initiative populaire.