Dormond Béguelin Marlyse · Nationalrat · 2004-06-03
Dormond Béguelin Marlyse · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2004-06-03
Wortprotokoll
Le groupe socialiste est aussi attaché au fait que la Confédération retrouve des finances équilibrées, mais il est vrai qu'il n'en fait pas un dogme. De plus, à ses yeux, l'équilibre des finances fédérales n'est pas un projet politique, et l'avenir de la Confédération vu sous ce seul angle est un peu limité, voire assez "étroit". Il y a aussi des obligations dans les domaines de la formation, de la recherche ou des assurances sociales, qui ne peuvent pas être occultées.
Il est clair que nous devons tendre au but de l'équilibre des finances, mais il n'est pas réaliste de fixer une échéance rigide, en plus dans un temps si court. Car, tout comme la situation ne s'est pas dégradée en deux ou trois ans, elle ne peut pas être corrigée dans un délai fixé dans le programme de législature. Prévoir dans ce programme la fin de l'année 2007, c'est trop rapproché. Et nous nous posons la question de savoir qui peut sincèrement croire que ce but est atteignable dans un tel délai. D'ailleurs, l'exemple du canton de Vaud démontre que fixer un délai de cette sorte ne donne aucun résultat. J'ai entendu ce genre de discours en 1994 déjà, lorsque je suis entrée au Grand Conseil vaudois, de la part de Monsieur Favre, et je constate que dix ans plus tard, l'équilibre des finances n'est toujours pas réalisé. Si le Conseil fédéral ou le Parlement veulent redéfinir les tâches de l'Etat, ils doivent le faire sous l'angle d'un avenir politique, mais pas uniquement avec le viseur sur les comptes de la Confédération.
D'autre part, l'Etat contribue aussi par les tâches qu'il assume à la croissance économique. Vouloir diminuer toujours plus ses moyens pourrait bien en fait revenir à se tirer une balle dans le pied à relativement court terme.
Dans l'optique d'une gestion financière qui tienne compte au mieux des obligations de l'Etat et de son rôle de redistribution des richesses, le groupe socialiste soutiendra la proposition de minorité II (Genner) et, en cas de rejet, la proposition de minorité I (Robbiani). Il vous demande d'en faire de même.
Ces deux propositions de minorité, tout en visant le même but que la majorité, laissent au gouvernement la latitude et le pouvoir de se donner les moyens d'atteindre l'équilibre des finances fédérales, en tenant compte de ses obligations sociales, ainsi que de ses obligations vis-à-vis de l'ensemble de la société de notre pays.