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Recordon Luc · Nationalrat · 2004-09-28

Recordon Luc · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2004-09-28

Wortprotokoll

Je reviendrai sur certains points essentiels qui ont déjà été développés par Madame Genner pour apporter un éclairage que j'espère supplémentaire et pour vous inviter à mon tour, au nom du groupe des Verts, à entrer en matière sur ce projet et à adopter la plupart des propositions qui vous sont faites par la commission.

L'aspect le plus réjouissant de ce projet est le caractère désormais global que devraient connaître les hautes écoles spécialisées, non seulement en incluant - et il était vraiment temps! - le secteur de la santé et du social, mais également en laissant très largement ouvertes les portes, par différentes clauses en matière d'admission notamment, pour les secteurs les plus larges, qui théoriquement pouvaient aujourd'hui déjà être inclus dans cette législation, mais qui ne l'ont pas été.

Evidemment, en ces temps où l'on souhaite - et peut-être où l'on doit - se résigner à la raréfaction des moyens, nous sommes un peu inquiets de voir qu'on n'aura pas immédiatement toutes les forces financières nécessaires pour réaliser les objectifs législatifs qu'implique une révision aussi ambitieuse. Il n'en demeure pas moins que, dans certains secteurs, l'économie elle-même pourra être fortement mise à contribution pour réaliser les objectifs d'inclusion de nouveaux domaines dans les hautes écoles spécialisées. Cela sera nécessaire notamment aussi parce que, très malheureusement - et je voudrais ici le regretter et même le stigmatiser -, la réforme de Bologne, qui a indiscutablement certains avantages en matière de libre circulation entre les pays européens et notre pays, va coûter cher. On commence enfin à avoir quelques chiffres relatifs aux dépenses induites: peut-être 30 millions de francs par année, a-t-on lu récemment, semble-t-il.

Les dépenses induites n'ont pas été dûment - c'est le moins qu'on puisse dire - décidées selon un processus démocratique, comme Madame Genner l'a dit tout à l'heure. Ce n'est pas seulement une question de principes démocratiques, d'ailleurs: cela veut dire que des choix d'ensemble et de globalité face à des ressources voulues limitées - je l'ai dit - ne se font pas de la manière la plus adéquate. Je craindrais pour ma part qu'il y ait une espèce de concurrence à un moment donné entre les ressources nécessaires à l'élargissement du champ d'application des HES en général et les coûts de la réforme de Bologne, alors qu'en réalité, nous sommes engagés maintenant - nolens volens - dans un processus où l'on ne peut ni renoncer aux unes ni éviter les autres. Sous cet angle, je serais assez intéressé par une déclaration suffisamment ferme, je l'espère, de Monsieur le chef du département à propos des ressources qui seront allouées tant à l'élargissement, dans toute la mesure nécessaire, du champ d'application qu'à la mise en oeuvre de la réforme de Bologne.

Un point encore pour insister à mon tour sur la question de la formation pratique préalable. Il y a deux raisons majeures de soutenir le caractère préalable de cette formation pratique. Il faut tout d'abord que les hautes écoles spécialisées restent dans la longue tradition de notre pays qui a toujours voulu que les cadres intermédiaires soient formés avec une base pratique essentielle. Je crois que c'est une force de notre économie et de notre système de formation que de garantir cet aspect cardinal. D'autres pays par trop engagés - je pense notamment à notre grand voisin d'outre-Jura, quoiqu'il ait apporté quelques correctifs dans des formations extrêmement théoriques - ne permettent pas à l'économie de disposer des cadres ayant suffisamment de compétences pratiques. Et cela, c'est une force que nous devons soigner; c'est vital. Cela ne se voit pas beaucoup de l'extérieur, mais c'est quelque chose que nous devons continuer.

Et puis, il y a l'aspect du point de vue des apprentis. Il faut que les apprentis qui suivent cette formation chez nous, un peu pour les mêmes raisons, mais aussi dans leur intérêt personnel, sachent qu'ils peuvent déboucher, pour les plus volontaires, les plus déterminés et les plus compétents, sur une formation supérieure à l'issue de leur apprentissage, grâce au système de la maturité professionnelle que nous avons mis en place il y a quelques années. Il ne faut pas que nous cassions cela aujourd'hui pour créer inutilement des espèces de "hautes écoles bis". Il faut que nous gardions aux hautes écoles spécialisées leur spécificité. [PAGE 1430]

Ainsi donc, lorsque nous en viendrons à cette discussion cruciale, sauf erreur à l'article 5 de la loi, il faudra que nous tenions bon.