Deiss Joseph · Bundesrat · 2004-09-29
Deiss Joseph · Bundesrat · Freiburg · 2004-09-29
Wortprotokoll
Il n'est pas nécessaire, je le suppose, de souligner l'importance de la branche touristique pour notre économie nationale, surtout à un moment où cette économie est à la recherche de nouvelles impulsions, d'un retour vers la phase de croissance. Néanmoins, la branche touristique, qui représente à peu près 4 pour cent de notre produit intérieur brut, est importante à divers égards. D'abord parce que, traditionnellement, c'était pour notre pays l'un des éléments essentiels pour rééquilibrer une balance commerciale qui est naturellement déficitaire: c'était toujours la balance des services, et en particulier la balance touristique, qui permettait de rééquilibrer le compte des revenus extérieurs. C'est ensuite, et c'est encore plus important, pour beaucoup de nos régions, notamment alpines, la seule véritable possibilité de développement au-delà des activités agricoles et régionales habituelles. C'est donc une branche d'activité qui mérite qu'on lui accorde un intérêt particulier. C'est bien cela qui a déjà été compris par le passé et qui justifie que la Confédération mène une politique touristique active.
Mais notre branche touristique a des problèmes. Cela se lit aisément dans quelques indicateurs. Même si les nuitées ne représentent pas tout, il est symptomatique que non seulement on perde des parts de marché en valeur relative, mais qu'on recule aussi en terme absolu dans un marché de croissance. Il y a donc là un problème, mais un problème qui doit être empoigné par la branche touristique elle-même.
Je remercie tous ceux qui, ce matin, ont indiqué les pistes qui peuvent être utiles pour redonner une impulsion, pour redorer le blason de notre tourisme. Mais je crois aussi que nous avons en Suisse, et en particulier dans la branche touristique, les compétences nécessaires. Il y a un paradoxe étonnant à voir des milliers d'étrangers venir en Suisse pour se former en matière touristique et qui considèrent la Suisse comme un des hauts lieux de la connaissance en la matière et à devoir se dire, en même temps, que notre branche touristique, elle-même, a des problèmes. Je crois que la première chose à faire - même pour moi qui ne suis pas un professionnel en la matière - est donc de faire confiance à la branche elle-même, aux experts, aux professionnels dont elle dispose.
Mais nous pouvons donner un signal positif. Il y a en effet un domaine qui est difficile pour une branche qui est très compartimentée, comme l'est la branche touristique - pour des raisons régionales, pour des raisons de présence de professions différentes qui concourent à l'activité touristique -, c'est de pouvoir mener une action de promotion coordonnée à l'extérieur. C'est pourquoi la Confédération a, jusqu'ici, estimé être un de ses principaux "apports" en la matière à travers Suisse Tourisme qui doit faire ce travail de promotion.
Je le rappelle - et nous aurons peut-être l'occasion d'en rediscuter dans un instant -, Suisse Tourisme est une corporation de droit public. Elle est chargée par la Confédération, par le biais d'une ordonnance, de promouvoir l'image de notre pays auprès de la clientèle touristique. En matière de tourisme, le marketing des différentes offres doit se doubler d'une promotion de la destination. Lorsque vous voyagez, en général vous choisissez une destination définie en termes généraux et ce n'est que par la suite que vous affinez votre projet. Il faut donc mettre en évidence les éléments attractifs de notre pays en général, et c'est là le travail de Suisse Tourisme, la promotion locale, la promotion au niveau de l'entreprise particulière étant d'un ressort local, régional ou individuel.
Vous avez été nombreux à le dire à cette tribune: Suisse Tourisme fait du bon travail. Je ne le dis pas parce que cette activité est rattachée à mon département! Mais ce sont d'abord les personnes auxquelles cette activité est destinée qui le disent. On a cité des prix obtenus à l'étranger. Mais c'est aussi la Délégation des finances, ou plutôt l'inspection des finances, qui atteste d'une gestion parfaite. Alors ne nous trompons pas de destinataire lorsque nous voulons faire des critiques! Suisse Tourisme fait un bon travail et mérite que l'on soutienne cet élan. Suisse Tourisme est en mesure - et il l'a déjà fait en partie - de générer dans toute la branche touristique cet élan qui lui est nécessaire.
Par conséquent, le Conseil fédéral vous recommande d'adopter un crédit-cadre pour une période de cinq ans. Pour cinq ans, d'abord, parce que la loi le prescrit. Ce n'est pas le meilleur des arguments, mais je pars quand même de l'idée que le Parlement donnera l'exemple en suivant lui-même, en premier, les lois qu'il adopte. Mais c'est nécessaire pour cinq ans surtout parce que le travail de promotion est un travail de longue haleine. C'est un travail qui ne peut pas se faire par à-coups, mais où il est nécessaire de pouvoir gérer des moyens que l'on sait disponibles pour une durée suffisante.
D'ailleurs, la proposition Bruderer - proposition que je trouve d'ailleurs sympathique - demande que Suisse Tourisme fasse une campagne spéciale pour l'Euro 2008! Ce qui prouve bien que la seule idée concrète qui a été émise dans ce Parlement dépasse le cadre 2005-2007 que la majorité de la commission voudrait imposer! Cela prouve à mon avis à l'évidence que c'est un travail de longue haleine et qu'il faut créer les conditions pour pouvoir le faire.
Quant aux montants, je dirai ceci: le statu quo - comme l'a dit le rapporteur -, c'est 190 millions de francs pour cinq ans, plus les 10 millions de francs qui ont été attribués suite à la faillite de Swissair. Le Conseil fédéral part de l'idée que ce statu quo doit pouvoir être maintenu, même si ces 10 millions ont été ajoutés par la suite. Les 10 millions de francs de Swissair, on ne les retrouvera pas, ou plutôt on ne retrouvera pas les prestations que Swissair pouvait offrir par le biais de son réseau d'agences pour le compte du tourisme suisse. Ces 10 millions ne représentent qu'une petite partie de ce que Swissair pouvait faire à l'époque.
Si nous maintenons donc 200 millions de francs pour cinq ans, nous maintenons le statu quo, mais nous ne maintenons pas le pouvoir d'achat. Si nous voulions maintenir le pouvoir d'achat, il faudrait 220 ou 230 millions de francs. C'est bien sur les montants contenus dans cette fourchette que la réflexion du Conseil fédéral a porté. Nous ne sommes pas entrés en matière sur le montant de 277 millions de francs proposé par Suisse Tourisme; mais nous avons hésité entre les 200 et les 230 millions de francs, l'idée étant de maintenir le statu quo.
Finalement, le Conseil fédéral propose au Parlement un crédit-cadre de 200 millions de francs. Nous avons été conduits à cette décision vu les difficultés financières et la nécessité d'économies. C'est donc un projet raisonnable que le Conseil fédéral vous soumet, un projet qui, en termes réels, est légèrement en recul. Je pense que c'est un minimum que nous devons faire. [PAGE 1465]
Par ailleurs, je n'ai aucun problème au sujet du postulat 04.3434 qui concerne l'examen d'une meilleure coordination entre les diverses activités de promotion de l'image suisse, puisque nous y travaillons déjà depuis que le Conseil des Etats a adopté un postulat similaire lors de la session d'été 2004 (04.3199). Cette coordination est nécessaire.
J'aimerais toutefois avertir qu'il ne faut pas tout mélanger. J'ai cru déceler une légère confusion dans les propos de Monsieur Gysin, puisqu'il parlait d'une politique touristique coordonnée, où il s'agit de coordonner Suisse Tourisme, le crédit hôtelier et tous les autres instruments, qu'il a d'ailleurs cités, ce qui est une chose. Mais il y a aussi la question de la coordination des activités de promotion de l'image de la Suisse, où il s'agit de Pro Helvetia, de Présence Suisse et d'autres encore. Or si je lis le postulat, c'est sur ce deuxième aspect qu'il porte, et pas sur le premier que Monsieur Gysin avait mentionné.
Je suis donc favorable à ce travail, et nous le ferons étant donné qu'il répond à une nécessité.
En fin de compte, il est à mon sens nécessaire de donner un signal positif, non seulement pour le tourisme, mais aussi pour l'économie suisse en général. Je m'adresse là notamment au groupe UDC, qui me donnera l'occasion de m'exprimer la semaine prochaine sur une interpellation urgente contre le blocage de l'économie suisse. Alors, démontrez aujourd'hui que vous êtes contre le blocage et que vous voulez donner des impulsions, que vous voulez donner des signaux positifs!
Le signal positif à donner ce matin, c'est de soutenir la proposition que vous fait le Conseil fédéral avec la minorité II (Favre), et que soutiennent aussi plusieurs groupes parlementaires: le groupe radical-libéral, le groupe démocrate-chrétien et le groupe socialiste en particulier.