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AB 45336

Huguenin Marianne · Nationalrat · Waadt · Fraktionslos · 2004-09-29

Wortprotokoll

Au nom du groupe "A gauche toute!", je soutiens l'amendement de la minorité I (Ruey) à l'article 55a, amendement visant à biffer l'alinéa 1 contenant la clause du besoin et la possibilité de renouveler cette mesure une fois. Nous nous opposerons également à l'amendement visant à pouvoir prolonger cette mesure jusqu'à l'introduction de la liberté de contracter.

Les associations professionnelles médicales sont unies contre ces deux mesures, mais il serait faux de voir ici une défense corporatiste d'une profession libérale. Dans le débat d'entrée en matière, en développant ma proposition de renvoi, j'ai pour ma part, et contrairement à Monsieur Ruey, parlé de "mesures malthusiennes et néolibérales" à propos des tentatives de limiter les coûts de la santé en voulant diminuer l'offre.

Il faut ne jamais avoir été sur le terrain, dans les hôpitaux ou dans les cabinets médicaux, pour oser sérieusement affirmer, comme le fait aujourd'hui dans le "Blick" Monsieur Manfred Manser, directeur d'Helsana, que la Suisse a 4500 médecins de trop. Il faut ne pas avoir entendu ce que disent les patients sur le manque de temps et de disponibilité des médecins. Il faut surtout n'avoir aucune idée et aucune culture de ce qu'est la pratique médicale actuellement, de son évolution. Le développement énorme des savoirs et des spécialités nécessiterait, par exemple, une coordination bien plus importante entre confrères pour soigner mieux et plus économiquement. Ce développement ainsi que l'évolution du statut du patient nécessitent également plus de temps pour informer, expliquer, convaincre. Les besoins sont encore énormes en Suisse dans certains domaines comme la médecine du travail. La seule clause du besoin applicable à notre avis dans le domaine de la santé concerne les assureurs et les consultants: il y en a sûrement de superflus!

Avec la clause du besoin, vous prétendez freiner un camion lancé à toute vitesse, alors que celui-ci est déjà enlisé. La pénurie de médecins s'annonce déjà, particulièrement en médecine générale, domaine que chacun prétend central à la politique de la santé. Dans le canton de Vaud, il devient pour le moins difficile de trouver simplement des remplaçants lorsque des généralistes quittent leur pratique. Des dérogations ont dû être faites à la clause du besoin, les patients ne trouvant simplement pas de médecin disposé à les prendre en charge. Dans plusieurs cas, ce sont des médecins français qui ont dû venir à la rescousse. Le risque est de former encore plus de spécialistes qui, du secteur hospitalier, passeront à l'ambulatoire dès qu'ils le pourront, mais cela freinera la formation et l'installation de généralistes. Il faut redonner envie, avenir et perspective aux jeunes médecins et à ceux qui aimeraient se former dans ce domaine.

Nous vous invitons donc à renoncer à la clause du besoin.