Saudan Françoise · Ständerat · 2004-09-21
Saudan Françoise · Ständerat · Genf · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2004-09-21
Wortprotokoll
Je comprends tout à fait les préoccupations que vient de nous exprimer notre collègue Alain Berset. En tant qu'ancienne membre de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique, je peux dire que l'on avait examiné toutes les possibilités et que l'on avait trouvé une solution qui, malheureusement, a été rejetée par le Conseil national. Cette solution consistait à remettre celui que j'appelle le "citoyen-contribuable-assuré-consommateur de soins" au centre du système. La solution trouvée était la suivante: la personne qui, volontairement, s'affilie à un réseau de santé - puisqu'il est prouvé maintenant que les réseaux de santé génèrent un certain potentiel d'économie - reste dans le statut actuel, alors que la personne qui veut avoir une liberté de choix total - et on peut le comprendre - assume, elle, une part financière plus importante. Ce système avait deux avantages: il responsabilisait l'assuré et aussi le fournisseur de soins, en l'occurrence le médecin, pour l'inciter à travailler en réseau et, en particulier, à éviter les coûts induits par le recours aux spécialistes et aux hospitalisations qui, eux, dans le fond, génèrent des coûts considérables.
Malheureusement, le Conseil national n'a pas voulu de cette solution il y a moins d'un an. Est-ce que l'on doit mener de nouveau ce genre de discussion? Je dois dire que j'ai profondément regretté le rejet de la solution précitée, parce qu'il me semblait que c'était l'une des plus prometteuses. Cette voie ayant été refusée, Monsieur Berset, je ne crois pas qu'il faille renvoyer encore une nouvelle fois l'objet à la commission. Je suis pleine de compassion pour mes anciens collègues, parce que je sais à quel point les solutions - et on peut en imaginer beaucoup - sont difficiles à mettre en oeuvre. Le Conseil national ayant rejeté vraiment très nettement cette solution, je ne vois pas comment on pourrait la remettre sur le métier.