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Couchepin Pascal · Bundesrat · 2000-06-15

Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 2000-06-15

Wortprotokoll

L'interpellation du groupe socialiste assimile les fusions et reprises d'entreprises à des actes qui aboutissent à une destruction insidieuse du tissu industriel par des spéculateurs agissant à des fins personnelles. Ce n'est évidemment pas le cas. Les fusions et rachats d'entreprises assurent souvent la compétitivité à long terme, donc la survie d'entreprises.

Si on regarde l'histoire économique récente de la Suisse, on constate que de nombreuses fusions ont été réussies. On ne peut pas dire que c'est une règle absolue, générale, qu'il n'y a pas de cas qui tombent dans la catégorie négative décrite par l'interpellation du groupe socialiste, mais ce n'est en tous les cas pas la règle. Il faut à chaque fois étudier le motif et on constate que, le plus souvent, les fusions et les rachats d'entreprises en Suisse, ces dernières années, avaient des buts dans l'intérêt des entreprises.

Dire que c'est dans l'intérêt des entreprises, c'est dire que cela a pour fonction de garantir des emplois, mais c'est vrai aussi que certaines fusions ou rachats aboutissent à des rationalisations. Mais même dans ces cas-là, il faut se demander jusqu'à quel point ces emplois auraient été sauvés en l'absence de réaction de la part des responsables des entreprises. Dans la plupart des cas, ces emplois auraient probablement disparus d'eux-mêmes, et l'entreprise aurait dû exécuter des mesures désagréables qui sont prises à l'occasion de la fusion, qui apportent par ailleurs quelque chose de positif. Ce que nous attendons des entreprises qui pratiquent ces démarches, c'est qu'elles aient une attitude responsable sur le plan social et qu'elles cherchent des solutions acceptables en cas de suppression d'emplois.

Les fusions sont, par ailleurs, une des facettes de l'ouverture du pays. C'est par le biais de fusions que, souvent, s'instaure une collaboration internationale. Une interdiction fondée sur des raisons autres que celles relevant de la politique de la concurrence serait un signe d'isolationnisme, un signe négatif, qui tendrait au maintien de structures qui, dans certains cas, doivent évoluer par le biais de fusions ou de rachats.