Fattebert Jean · Nationalrat · 2004-12-13
Fattebert Jean · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2004-12-13
Wortprotokoll
Oui, comme Madame Savary, je suis allé à Paris. J'ai vu, mais pas avec les mêmes lunettes. Selon mon Larousse, "art" égale "activité humaine spécifique faisant appel à certaines facultés sensorielles, esthétiques et intellectuelles". Cela n'a rien à voir avec ce qui nous est servi à Paris.
Le Centre culturel suisse de Paris se doit d'être une vitrine pour notre pays dans une grande capitale. L'arrivée devant le centre donne l'impression d'accéder à un endroit tout ce qu'il y a de plus douteux et sinistre. La croix suisse a pris l'aspect d'un sparadrap à se mettre sur la bouche; l'exposition elle-même fait penser à un local squatté par des illuminés. La prouesse technique ou artistique est totalement absente; l'innovation également. La contestation et le discrédit sur les autorités règnent en maîtres.
Cela se fait à un moment où toutes les institutions essaient de se faire connaître sous leur meilleur jour: de l'armée aux paysans en passant par les banques, les Eglises ou les entreprises, tous font un effort de promotion positive et utilisent parfois de vrais bons artistes pour cela. La Suisse doit faire la même chose; c'est dans cet esprit que je vote volontiers certains crédits. Mais dépenser l'argent des contribuables pour traîner le pays et ses autorités dans la boue, c'est stupide et malhonnête. Si Monsieur le conseiller fédéral Couchepin accepte sans broncher que les autorités soient traitées de cette manière, il se discrédite lui-même. Mais vous, chers collègues, vous devrez assumer votre vote devant la population.
Il ne s'agit pas de censurer, il s'agit de voter 33 millions de francs au lieu de 34 millions. Si cela ne tenait qu'à moi, j'aurais rétabli le million ôté par le Conseil des Etats, mais j'aurais supprimé les 33 autres millions! (Brouhaha) 3 pour cent en moins, c'est acceptable, c'est ridicule; c'est juste un avertissement qui incitera à revoir des privilèges automatiques liés à une société à deux vitesses version gauche. Il est trop facile d'invoquer la liberté de l'artiste; la liberté implique aussi la responsabilité.
Les crédits que nous votons en faveur de l'agriculture, des écoles, de la santé, de la sécurité ou de l'aide au développement sont liés à des mandats de prestations. Pro Helvetia ne respecte même pas la loi qui la régit, puisque les artistes doivent être domiciliés en Suisse, ce qui n'est, sauf erreur, pas le cas de Monsieur Hirschhorn.
Même sans l'argent de nos impôts, on ne peut pas faire n'importe quoi, insulter n'importe qui. A plus forte raison avec l'argent du contribuable, il est indécent de se moquer à ce point de la collectivité. L'exposition de Paris est une insulte à notre pays, une insulte au contribuable, une insulte aux vrais artistes aussi. Nous avons dans notre pays de bons artistes en tout genre que l'on pourrait solliciter. Nous avons des choses belles et intelligentes à faire valoir.
Pro Helvetia est à l'évidence une structure faite de gens qui ont perdu le sens des réalités. Nous, parlementaires, avons le devoir de sanctionner et d'obliger Pro Helvetia à se restructurer, à revoir ses critères.
C'est dans ce sens que je vous engage à suivre les sages du Conseil des Etats et le groupe UDC.