Langenberger Christiane · Ständerat · 2004-06-09
Langenberger Christiane · Ständerat · Waadt · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2004-06-09
Wortprotokoll
Je suis entièrement convaincue des efforts que nous devons faire afin de rétablir la situation financière de la Confédération. Néanmoins, je suis également persuadée qu'il y a des domaines que nous ne saurions négliger, faute de quoi c'est tout un pan de notre économie que nous allons affaiblir. C'est dire que je partage l'avis de la majorité de la commission! Je revendique et propose de soutenir ce crédit-cadre de 230 millions de francs, soit 46 millions par année.
Je me permets de rappeler que la subvention de 60 pour cent octroyée par la Confédération à Suisse Tourisme, par rapport à son budget, représente l'une des quotes-parts les plus faibles des pays touristiques qui nous entourent. Les Länder en Autriche disposent d'un budget considérablement plus élevé que les régions touristiques de notre pays, et pourtant il s'agit d'un tourisme monolithique, alors que nous devons finalement soutenir dans notre pays plusieurs branches d'un tourisme très diversifié. Les efforts doivent donc être beaucoup plus importants, puisqu'ils sont attribués à des branches différentes.
Je ne rappellerai pas la disparition de Swissair, ce qui diminue infiniment les lieux où nous pouvons promouvoir la Suisse et en parler. Nous devons aussi prendre en compte la situation financière de nos cantons, guère plus enviable que celle de la Confédération. En ce qui concerne le canton de Vaud, son budget a été diminué de 300 000 francs pour 2004 et de 500 000 francs pour 2005! C'est 500 000 francs qui manquent à la promotion du tourisme.
La concurrence internationale, pour obtenir l'organisation de congrès, est devenue extrêmement dure et compétitive et, là aussi, les moyens utilisés pour attirer l'organisation d'un congrès sont considérables et pas à disposition de notre pays, parce que précisément beaucoup trop "somptueux": ce sont des salles entières que l'on offre ainsi gratuitement pour arriver à organiser un congrès.
Conscients de perdre du terrain, les Français ont injecté cette année, du jour au lendemain, 15 millions pour soutenir la promotion de la France. Pendant ce temps, la Suisse perd du terrain et se retrouve en 2003 au 18e rang des destinations mondiales de tourisme, après avoir longtemps occupé le 8e rang. La Chine, la Hongrie, la Tchécoslovaquie, la Pologne ont pris les devants et nous ont dépassés.
Le comportement des touristes, Monsieur Epiney l'a dit, s'est également modifié. On va toujours plus loin, toujours plus vite, en moins de temps. Le nombre des nuitées a donc chuté en fonction du nombre de touristes étrangers qui viennent dans notre pays, et ceci par rapport à il y a quelques années. Il faut donc plus de moyens pour la promotion pour arriver pratiquement aux mêmes résultats.
Enfin, n'oublions pas que le tourisme engendre non seulement des emplois dans des branches proches du tourisme, soit 165 000 emplois à plein temps, mais dans d'innombrables petites entreprises liées au secteur du commerce de détail, à la construction, aux transports, à la bijouterie, à l'horlogerie.
Je vous propose véritablement d'être sensibles à l'un des trois secteurs les plus importants de l'économie de notre pays, et de soutenir la proposition de la majorité de la commission.