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Recordon Luc · Nationalrat · 2005-03-14

Recordon Luc · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2005-03-14

Wortprotokoll

J'ai entendu beaucoup d'arguments que je peux partager, presque tous à vrai dire: Monsieur Walter réclame du professionnalisme; Madame Leuthard demande que l'on prenne en considération les risques d'image par des expertises; Monsieur Bührer nous dit que des auditions pourraient suffire pour prendre en considération les nécessaires arguments des organisations non gouvernementales. Il en appelle en particulier à ce que de bonnes conditions soient faites en matière d'exportation et à ce que ceux qui participent au conseil d'administration comme membres soient des personnes représentant des milieux accordant une grande importance à cet aspect. De son côté, Monsieur Fehr Hans-Jürg a beaucoup insisté sur le savoir-faire, le [PAGE 312] know-how, qu'il faut avoir pour faire partie du conseil d'administration.

Eh bien, tous ces arguments parlent très largement en faveur de l'inclusion dans le conseil d'administration, d'une taille encore modeste - sept à neuf membres -, selon la proposition de la minorité Genner, des personnes que nous vous appelons à faire élire. En effet, qui mieux que les représentants des organisations non gouvernementales actives sur le terrain, dans les pays du Sud en particulier, peut apporter un tel savoir-faire, peut "avoir intérêt à de bonnes conditions d'exportation" pour reprendre l'expression de Monsieur Bührer?

Evidemment, il faut se mettre d'accord sur ce que sont de bonnes conditions d'exportation, mais c'est très certainement, à lire les textes fondamentaux qui nous gouvernent, le respect des conditions du développement durable - ces conditions qui, je le souligne, prennent en considération non seulement les aspects économiques, mais aussi les aspects écologiques et sociaux de nos activités étatiques.

Il est donc particulièrement bienvenu d'avoir, à défaut d'un conseil consultatif, au moins un ou deux représentants des ONG spécialisées au sein du conseil d'administration. Monsieur Bührer, certes, montre le bout de l'oreille en disant clairement qu'il les considère comme des encoubles et que ces personnes vont compliquer le travail. C'est bien possible qu'à court terme, elles compliquent le travail. Mais si Monsieur Bührer a une fois ou l'autre dans sa vie participé à un conseil d'administration - ce qui, je crois, est vrai, me suis-je laissé dire -, il doit savoir que l'important, c'est d'avoir dans les conseils des gens qui "challengent" - comme on dit aujourd'hui - les décisions du "management" - c'est-à-dire de la direction - et des autres membres du conseil d'administration, et qui viennent avec des arguments non conventionnels poser des questions dérangeantes.

C'est peut-être en posant aujourd'hui ces questions dérangeantes qu'on évitera demain non seulement d'avoir des problèmes d'image, Madame Leuthard, mais encore d'avoir peut-être de gros problèmes financiers et de responsabilité. Il est à peine besoin de citer des exemples dans lesquels la garantie contre les risques à l'exportation a pu être amenée à soutenir des projets - pensez au barrage des Trois-Gorges - qui sont des désastres écologiques et qui risquent un jour ou l'autre de nous coûter assez cher en termes non seulement d'image, mais aussi d'espèces sonnantes et trébuchantes.

Ainsi donc, si on était capable une fois, même du strict point de vue économique, de réfléchir sur le long terme dans cette assemblée, on verrait quelle valeur ajoutée il y a à suivre la proposition de la minorité Genner.

Au nom du groupe des Verts, je vous invite à le faire.