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Darbellay Christophe · Nationalrat · 2005-03-17

Darbellay Christophe · Nationalrat · Wallis · Christlichdemokratische Fraktion · 2005-03-17

Wortprotokoll

Le groupe démocrate-chrétien soutient l'effort d'assainissement des finances fédérales. Il reconnaît la nécessité de parvenir à l'équilibre budgétaire dans les meilleurs délais. Pour cela, il est pour une application stricte du frein à l'endettement - c'est un instrument adéquat. Mais ce sont le Conseil fédéral et une majorité de ce Parlement qui se sont fixé l'objectif d'atteindre les chiffres noirs pour l'année 2007. Aussi, il existe un consensus porté par le Conseil fédéral et les Chambres sur le rythme de l'assainissement des finances. C'est bien ce rythme maintes fois discuté que les groupes radical-libéral et UDC proposent aujourd'hui de remettre en cause en accélérant la manoeuvre.

Au vu de la conjoncture et des délais, la motion de la Commission des finances, qui demande de revenir dans les chiffres noirs pour 2006 déjà et, par conséquent, d'économiser 1,3 milliard de francs de plus sur le prochain budget, constitue une dangereuse illusion. Un Etat qui dépense sur le long terme plus qu'il n'encaisse est un Etat perdu. Nous nous engageons donc pour réduire à néant le déficit structurel, mais dans des délais raisonnables. Donc, nous rejetons tout aussi clairement cette motion qui mettrait la charrue avant les boeufs.

Pour atteindre l'équilibre en 2007,ce qui est tout de même un résultat ambitieux, il a déjà fallu deux programmes d'allègement du budget. Alors, concentrons-nous sur le programme d'allègement budgétaire 2004, ce n'est pas du tout une promenade de santé. A court terme, les dépenses sociales sont incompressibles. Dans ce secteur, des réformes ont été initiées, nous devrons les poursuivre. Mais il est inutile d'espérer ici une embellie dans l'immédiat, sauf à vouloir reporter les charges sur les cantons et les communes, ce que nous refusons, car ce serait inacceptable.

Cette motion relève de la provocation. Elle émane des mêmes milieux qui demandent aujourd'hui de renoncer à la suppression de la rétrocession des taxes sur les huiles minérales. Le groupe PDC soutient également cette proposition, car ce nouvel impôt qui frapperait les agriculteurs, les transports publics et les compagnies de navigation est illégitime; là-dessus nous sommes d'accord. Cependant, faire croire, comme vous le faites aujourd'hui, qu'on peut aller beaucoup plus loin et surtout beaucoup plus vite tout en évitant de telles mesures, c'est tout simplement malhonnête.

Si le remède de cheval que réclame votre motion devait être réellement appliqué, ce serait une nouvelle fois l'armée, les routes nationales, l'agriculture qui paieraient le plus lourd tribut. Vous serez tenus pour responsables du report aux calendes grecques des travaux visant à achever le réseau autoroutier. Je vous rappelle au passage que le prix de 1 kilomètre d'autoroute a été multiplié par cinq en une dizaine d'années et que les entrepreneurs de la construction ou du génie civil sont rarement des gens de la gauche.

Le groupe PDC se prononce en faveur de l'assainissement des finances fédérales suivant le rythme défini par le Conseil fédéral et le Parlement, ni plus, ni moins. Ceux et celles qui veulent aller plus vite et plus loin devraient s'inspirer de la science des régimes, celle de Weightwatcher, et se dire qu'il vaudrait mieux perdre 10 kilogrammes en trois mois plutôt qu'en trois semaines. [PAGE 409]

Le groupe PDC s'oppose à la motion de la commission, qui a été adoptée avec une petite voix d'avance, et invite la droite responsable, en particulier le groupe radical-libéral, auteur de cette proposition - et qui s'est opposé d'un bloc à l'avis de son représentant au Conseil fédéral -, à prendre ses responsabilités. Nous ne voulons pas répéter la triste scène de théâtre de ce matin et faire un deuxième orphelin au Conseil fédéral. Ne la répétez pas puisque vous avez condamné le projet de programme d'armement 2004; ne désavouez pas votre représentant au Conseil fédéral.

Maintenons le cap pour assainir les finances fédérales, c'est le seul moyen crédible de parvenir à bon port, mais évitons de mettre la charrue avant les boeufs.