preparatory:AB 54618
Rey Jean-Noël · Nationalrat · Wallis · Sozialdemokratische Fraktion · 2005-06-01
Wortprotokoll
Nous avons ici affaire à une proposition qui relève de l'arbitraire. Or, j'attire votre attention sur le fait que toutes celles et tous ceux qui ont intérêt à ce que la réforme de l'administration puisse se faire dans de bonnes conditions devraient rejeter cette proposition. Celle-ci fixe un montant arbitraire qui ne se base sur aucune étude et qui n'a pas été demandé par le Conseil fédéral; de plus, elle rend la tâche de ce dernier extrêmement difficile.
Sans étude préalable, sans examen sérieux, la commission propose des réductions de l'ordre de 70 millions de francs. Pourquoi 70 millions? Pourquoi pas 50, pourquoi pas 200? Je vous rappelle que le but à atteindre, dans une réforme de l'administration, est d'augmenter son efficacité. En ce qui me concerne, je suis favorable à une réforme de l'administration, mais pas à une réforme arbitraire, ni à une réforme qui oblige le Conseil fédéral à couper et à trancher dans le vif, à désécuriser le personnel. Le fait d'aller dans ce sens-là, c'est empêcher une véritable réforme qui est nécessaire.
On vous l'a dit tout à l'heure, les mesures déjà annoncées par le Conseil fédéral visent une réduction de 4000 emplois: c'est plus de 10 pour cent. En ajoutant 30 et 40 millions de francs, soit 70 millions sous la position Réforme de l'administration, vous augmentez encore la pression sur les économies en matière de personnel. Et je n'aimerais pas que l'on transforme l'Administration fédérale des finances en une machine à détruire les emplois.
Par la réforme de l'administration annoncée par le Conseil fédéral, on vise une analyse des processus. On vise l'efficacité dans l'exécution des tâches. Alors, je vous demande de ne pas mettre en danger cette analyse des processus par un coup de tête médiatique, politique, qui vise à augmenter la pression sur le personnel. Les projets de réforme de l'administration sont hautement sensibles et hautement politiques. Il faut attendre les premiers résultats pour en connaître plus des intentions du Conseil fédéral, avant d'imposer de nouvelles sommes arbitraires à économiser.
Je vous rappelle que c'est le rôle du Conseil fédéral d'organiser son administration, alors que c'est le rôle du Parlement de fixer les priorités. Et ici, le Parlement ne fixe pas les priorités: il propose de façon arbitraire des économies supplémentaires.
L'administration publique est une administration complexe. Certes, il faut la soumettre à un examen, il faut la soumettre à une analyse. Mais il faut faire attention de ne pas tomber dans les amalgames un peu trop simplistes entre le secteur privé et le secteur public. Il y a dans le secteur public et dans le secteur privé des administrations et des entreprises qui travaillent efficacement, et il y a aussi des organisations dans le privé qui ne travaillent pas efficacement.
Une réorganisation de l'administration - et je terminerai par là - doit se faire avec le personnel; et la principale faiblesse, Monsieur le conseiller fédéral, avec la réforme de l'administration, c'est l'encadrement du personnel. Nous aimerions voir un programme d'accompagnement des réformes, qui vise à maintenir la motivation du personnel. Or, ici, le Parlement, au lieu d'aider le Conseil fédéral à motiver le personnel, rajoute une couche d'économies et va démotiver. Je vous le dis, et j'ai une certaine expérience en la matière, vous allez atteindre exactement l'effet contraire.
C'est la raison pour laquelle je vous prie de rejeter la proposition de la majorité, de soutenir celle de la minorité Goll, non pas pour refuser une réforme de l'administration, mais pour la faire avec sérénité et calme, et pour ne pas donner l'impression au personnel qu'on va faire une réforme sur son dos.