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Beck Serge · Nationalrat · 2005-06-07

Beck Serge · Nationalrat · Waadt · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2005-06-07

Wortprotokoll

En préambule, il convient peut-être de rappeler que les vrais objectifs sur lesquels nous avons à évaluer l'activité du Conseil fédéral, en tant que Commission de gestion et en tant que Parlement, ne sont pas simplement ceux qu'il se fixe lui-même, mais bel et bien les objectifs que la législation et la Constitution lui fixent.

Dans le cadre des objectifs 2004 du Département fédéral des affaires étrangères, la commission, et le groupe radical-libéral avec elle, s'inquiètent que l'objectif 6 visant au renforcement de la Suisse comme siège d'organisations internationales n'ait pas été atteint, alors que la place internationale et la crédibilité de notre pays dépendent pour une grande part de nos capacités de pays hôte. Autant il est juste de donner à notre pays davantage de visibilité dans sa politique étrangère - cela d'ailleurs tant à usage interne que face à la communauté internationale -, autant il est indispensable de ne pas négliger un travail structurel qui est nécessaire.

Nous saluons l'engagement de quatre ambassadeurs itinérants qui s'emploient à la conciliation et à la prévention des conflits armés ou politiques, comme par exemple au Soudan, au Moyen-Orient ou dans le cadre des Conventions de Genève, au sujet de l'emblème du CICR et des autres organisations "sanitaires".

Au cours des trois dernières décennies, la Suisse a perdu un rôle privilégié d'arbitre et de conciliateur au service de la communauté internationale. Or les difficultés financières actuelles ne doivent pas nous inciter à une politique égocentrique et isolationniste. Dans une époque où la globalisation ne saurait être seulement économique, nous devons exercer, contrairement à ce que pensent certains nationalistes obscurantistes, la solidarité internationale. Celle-ci est assumée pour une part importante - deux tiers des dépenses du DFAE - par la coopération au développement, qui inscrit environ 80 pour cent des moyens qu'elle engage en vue de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement qui visent à une réduction de la pauvreté et de l'écart du développement humain entre les hémisphères.

Il convient de rappeler et de répéter que l'essentiel de l'aide en faveur des pays en développement est engagé directement au profit des populations concernées et avec leur participation, et non pas par ou pour les gouvernements ou administrations plus ou moins démocratiques des Etats bénéficiaires.

Ceux qui veulent utiliser la coopération comme moyen de pression dans l'asile ou dans quelque but que ce soit à l'égard de tels gouvernements se trompent de cible et affaiblissent les chances de progrès démocratique par le développement socioéconomique des populations de ces pays. Que ceux qui se réclament régulièrement du peuple suisse se mobilisent pour renforcer, par la coopération, la position citoyenne des populations en voie de développement. Ce sont les objectifs de la Direction du développement et de la coopération.

La commission entend se pencher, au cours de l'exercice 2005, sur les structures et les objectifs de l'activité consulaire - Monsieur le président de la sous-commission, mon collègue Glasson, l'a rappelé. En effet, nous souhaitons examiner l'activité consulaire dans toutes ses fonctions, et particulièrement en période de crise. Il y a sans doute besoin, dans ce domaine, plutôt que d'une réforme de structures, d'une migration intellectuelle qui doit faire évoluer nos représentations à l'étranger d'une situation de voyageur de commerce vers la défense plus générale des intérêts de notre pays et de nos concitoyens.

La sous-commission s'est également penchée sur la politique d'information du Département fédéral des affaires étrangères, suite à l'affaire Borer. Les auditions et investigations approfondies qu'a effectuées la sous-commission ont mis en évidence le manque de préparation à la communication en situation de crise, face à un fonctionnement des médias toujours plus caricatural et centré sur des objectifs commerciaux. Ce phénomène n'est sans doute pas limité au département précité.

En ce qui concerne le Département de la défense, de la protection de la population et des sports, je souhaiterais également m'exprimer brièvement. Nous nous sommes penchés sur les effets de la dynamique de réorganisation permanente de l'armée. On pourrait même, peut-être, sous un angle plus critique, appeler cela de l'instabilité. L'honnêteté commande de reconnaître que nous sommes, en tant qu'autorité politique budgétaire, responsables de l'instabilité financière de la grande muette, qui agonise en silence. La vision à long terme ne l'emporte pas seulement dans l'économie, mais également dans la manière dont le Parlement perçoit les menaces pour la sécurité de notre pays. Cette attitude, dictée à gauche pour des raison doctrinaires et à droite pour des raisons financières, n'est pas sans rappeler l'aveuglement des années 1930.

Certes, si la menace a évolué, si notre armée a d'autres missions à remplir aujourd'hui que celles qu'elle avait au cours des précédentes décennies, il convient de préserver le coeur de ses compétences, c'est-à-dire celles pour lesquelles elle est irremplaçable. Aussi est-il difficilement admissible que plus de la moitié des jours d'instruction soient consacrés, dans l'exercice sous revue, à des tâches de police, à des tâches permanentes, et non plus à des tâches exceptionnelles d'appui aux autorités civiles. Dans ce domaine aussi, il convient de relever le manque de transparence. Et je ne comprends pas bien ceux qui réclament l'inscription de la politique d'asile dans les coûts de la politique de développement, demander qu'une partie des fonds engagés au titre de l'armée soient engagés au titre du Département fédéral de justice et police pour l'accomplissement de missions de police; ces montants sont de l'ordre de plusieurs centaines de millions de francs.

En conclusion, je crois qu'en tant que Parlement, nous avons autant que le gouvernement à assumer la gestion de l'exercice 2004 et à en tirer les conséquences pour oeuvrer à l'avenir à une plus grande stabilité dans la conduite de la politique de ce pays.