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Glasson Jean-Paul · Nationalrat · 2005-06-07

Glasson Jean-Paul · Nationalrat · Freiburg · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2005-06-07

Wortprotokoll

En tant que quatrième rapporteur de la Commission de gestion, je m'attacherai plus particulièrement aux affaires qui touchent le DFAE et le DDPS, et singulièrement à la protection et à l'éventuel rapatriement de nos compatriotes en difficulté à l'étranger.

Il tombe sous le sens que le devoir de l'Etat est de protéger ses ressortissants. C'est particulièrement vrai lorsqu'ils sont hors de ses frontières. Nous ne nous attarderons pas sur les incidents quotidiens - même s'ils sont parfois dramatiques pour les personnes - qu'ont à régler nos représentations à l'étranger. Dans les derniers mois en revanche, plusieurs événements se sont produits qui ont amené à prendre des mesures de protection, voire de rapatriement de Suisses, en Côte-d'Ivoire, au Togo et en Extrême-Orient par exemple.

L'affaire de nos ressortissants en Algérie - c'est un peu plus ancien - avait déjà conduit notre pays à mettre sur pied des structures de crise et à collaborer avec des autorités étrangères: non seulement avec celles des pays concernés - car les événements se sont passés sur leur territoire -, mais aussi avec des Etats européens, dont les propres citoyens étaient généralement aussi en péril. On a abondamment parlé des problèmes rencontrés dans les pays touchés par le tsunami du 26 décembre 2004. On a parfois été débordé dans les consulats ou les ambassades suisses, mais la bonne volonté de nos agents ne saurait être mise en doute: d'une part les moyens habituels étaient relativement restreints, limités, en vertu du principe de l'économicité, mais d'autre part l'ampleur et la soudaineté du désastre étaient exceptionnelles. On constatera aussi que les gens sont de plus en plus exigeants et égoïstes, chacun réclamant tout pour soi, alors que la demande générale est énorme. Toutefois, on peut dire que le DFAE et le DDPS, sur place et à Berne, ont rempli leur mission à l'égard de nos concitoyens touchés par ces événements.

Des leçons devront néanmoins être tirées de cette tragédie et d'autres événements, dont nous parlerons plus loin, au niveau des équipements de nos missions à l'étranger [PAGE 680] notamment et de la formation de nos diplomates et consuls. De manière générale, il y a lieu de faire en sorte que les chefs de mission soient à même de maîtriser les situations les plus diverses, avec l'appui de la centrale bien sûr. Il s'agit surtout de former le personnel, à l'étranger et à Berne, afin d'être le plus efficace et le plus performant possible dans les situations de crise. Il y a lieu de déterminer de façon régulière les pays où des risques - de catastrophe, mais aussi de troubles - sont à craindre et élaborer des scénarios pour le cas où la situation viendrait à se dégrader.

Il faut aussi se concerter avec les pays voisins et amis pour procéder à l'évacuation éventuelle de nos ressortissants. Cela n'est guère aisé; la France, l'Allemagne, ou d'autres pays s'occupent d'abord, bien sûr, de leurs propres nationaux. Ces Etats peuvent également être l'objet de ressentiment de la part des indigènes, notamment en raison de leur passé colonial. Ainsi valait-il mieux ne pas passer pour français en Côte-d'Ivoire, ou allemand au Togo. Sans avion, neutre, notre pays a quelque difficulté à évoluer dans ce contexte. Il demeure absolument nécessaire d'être présent sur le terrain avant que les événements ne surviennent, d'avoir des relations avec toutes les parties, y compris bien sûr avec les mouvements d'opposition et parfois de guérilla, d'améliorer les contacts dans tous les sens du terme avec nos propres ressortissants sur place, y compris les doubles-nationaux, et aussi avec les firmes suisses actives dans les pays à risque.

Il faut soigner aussi particulièrement les scénarios dans les Etats où nous n'avons pas d'ambassade - et, bien sûr, c'est assez fréquent. On voit que les circonstances ne sont pas toujours simples. Il s'avère nécessaire que le Conseil fédéral et les départements concernés prennent toutes les mesures possibles pour pallier les situations critiques qui pourraient survenir à l'étranger et mettre en péril nos ressortissants. La commission suit attentivement le dossier des mesures prises et à prendre en la matière.