Rey Jean-Noël · Nationalrat · 2005-06-09
Rey Jean-Noël · Nationalrat · Wallis · Sozialdemokratische Fraktion · 2005-06-09
Wortprotokoll
Je me permets d'intervenir, car j'ai été l'auteur de cette proposition en commission. J'aimerais brièvement vous rappeler pourquoi la proposition de réduire de 10 millions de francs les dépenses de l'Office fédéral de la protection de la population est tout à fait justifiée et pourquoi il ne faut par conséquent pas suivre la décision du Conseil des Etats, mais soutenir celle de la minorité.
Effectivement, si on analyse la situation de l'Office fédéral de la protection de la population, je reconnais qu'un effort de rationalisation a été fait, mais je constate tout de même qu'il y a des positions qui méritent plus d'explications.
D'une part, si l'on regarde au niveau de la rétribution du personnel, on se rend compte que par exemple, entre les comptes 2003 et le budget 2005, on est passé de 22 à 35 millions de francs. Il y a toujours un potentiel de réduction extrêmement important, estimé entre 2 et 6 millions de francs, grâce au transfert de charges, par exemple au service du feu - ou tout au moins une meilleure coordination. On assiste ici, je dois dire, aussi bien aux niveaux fédéral, cantonal que communal, à une dispersion, une mauvaise utilisation de l'argent, car, au lieu de pousser à la coordination de la protection civile, des services de pompiers, de la police et des services de santé, chacun continue à faire son petit jardinage dans son coin. Je trouve que cela, aujourd'hui, au moment où l'on se pose la question d'une utilisation rationnelle des deniers publics, n'est pas acceptable.
D'autre part, on peut constater que l'Office fédéral de la protection de la population demeure surdimensionné, par exemple ses états-majors et ses services d'information et de communication. J'ai constaté que, suite à la discussion au sein de la commission, certains parlementaires ont reçu des dossiers épais - personnellement je n'en ai pas reçu - pour expliquer pourquoi il ne fallait pas réduire les crédits à cet office. Quand dans un office on a le temps de préparer des dossiers aussi épais, j'estime qu'il y a encore des économies à faire! Au niveau de l'infrastructure, je constate aussi que l'on continue à investir dans la construction et l'équipement d'installations de protection disproportionnées, surdimensionnées et luxueuses. Je trouve qu'il faut avoir là le courage de prendre des décisions, d'être ici un peu plus [PAGE 730] courageux et d'adapter l'infrastructure aux nouvelles mesures et aux nouveaux objectifs en matière de protection de la population.
En commission, pour éviter cette coupe, on a même essayé de m'expliquer que, si on acceptait cette proposition - et c'est un chantage que je ne peux pas accepter! -, ce serait le canton du Valais qui en supporterait les conséquences, parce que, paraît-il, on ne pourrait plus installer des alarmes pour annoncer d'éventuelles ruptures de barrage. J'ai quand même rétorqué que, s'il avait fallu attendre 2005 pour installer des alarmes pour annoncer d'éventuelles ruptures de barrage, cet office n'avait pas véritablement fait son travail correctement.
En ce qui me concerne, j'estime qu'il faut maintenant fixer des priorités. Si les alarmes doivent être renforcées, et bien qu'elles le soient. Mais nous devons ici accomplir notre travail et demander à l'Office fédéral de la protection de la population de réduire ses ambitions.
Je vous invite donc à soutenir la proposition de la minorité et à réduire ce crédit, ce qui, à mes yeux, est tout à fait supportable.