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Langenberger Christiane · Ständerat · 2000-06-13

Langenberger Christiane · Ständerat · Waadt · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2000-06-13

Wortprotokoll

Je suis censée vous parler de la collaboration entre certains départements en matière de développement et de promotion de la paix. L'importance de la coopération et de l'aide au développement ne cesse de croître. En effet, plusieurs facteurs se conjuguent pour rendre cette aide indispensable. Nous assistons, impuissants, à l'éclatement de foyers de violence liés à une marginalisation de certaines régions, et à des bouffées de revendications nationalistes et religieuses. Ainsi coexistent sur la scène internationale des Etats intégrés dans un vaste réseau d'échanges, développant des solidarités d'intérêts ou de destin, et des pays laissés pour compte, dépérissant sous les insuffisances de leur Etat. Pour bien des populations, notamment africaines, la seule préoccupation est la survie au quotidien. Leur misère, le manque d'avenir sont ainsi une bombe à retardement susceptible d'engendrer des migrations, des conflits importants. Mais d'autres phénomènes participent à l'appauvrissement de certaines régions. Les changements climatiques, les déboisements coupables, la pollution engendrée par nos pays industrialisés sont autant d'éléments pouvant provoquer des catastrophes, des famines et, dès lors, des migrations et des conflits.

Il ne fait donc aucun doute que l'aide au développement, avec toute la gamme d'actions spécifiques que cela comporte en fonction des situations - pacification, lutte contre la misère, soins, reconstruction, protection de l'environnement -, est non seulement une obligation morale, mais encore un élément fondamental de prévention de conflits et, dès lors, de notre politique de sécurité, ceci de manière durable.

La Suisse sera donc appelée, comme bien des pays prospères, à intensifier encore son engagement financier et matériel. Il est évident qu'il y aura toujours conflit d'intérêts entre les efforts à réaliser pour défendre nos propres intérêts nationaux à court terme nous permettant de nous affirmer face à une concurrence économique et technologique exacerbée, et notre volonté de mener une politique généreuse, notamment à l'égard du Sud, visant à assurer un développement durable.

En conséquence, nous devons viser l'excellence et l'efficacité, afin de ne pas dilapider nos moyens tout en répondant à l'attente de la communauté internationale. Ceci implique, d'une part, que nous utilisions au mieux les canaux multilatéraux en menant une politique cohérente touchant au développement - commerce, économie, agriculture, emplois, migration, peacekeeping -, ce qui montre bien entendu à quel point nos départements doivent collaborer et, d'autre part, également que nous harmonisions notre politique à l'interne, de manière à éviter des doublons, des engagements peu judicieux, et que nous utilisions au mieux les qualités de chacun. Nous ne pouvons éliminer tous les maux de cette terre, mais nous pouvons contribuer à les soulager.

Ainsi, l'aide apportée à la Bosnie-Herzégovine, de nature avant tout humanitaire, s'est muée en une collaboration à long terme destinée à améliorer les conditions de bon fonctionnement d'un Etat de droit et ses infrastructures économiques. L'aide à la Russie a été réévaluée à la lumière du contexte précaire que connaît ce pays, mais elle a aussi été subordonnée à certaines conditions liées à la guerre en Tchétchénie. L'Asie centrale, avec son potentiel de crise reçoit également notre appui afin de permettre l'amorce de réformes politiques et économiques.

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Ces prestations sont fournies sous la forme d'actions directes ou en coopération avec les organisations internationales et les ONG suisses. Malgré les efforts importants consentis au Kosovo, la Division Aide humanitaire et Corps suisse d'aide en cas de catastrophe est intervenue en 1999 dans de nombreux autres pays. La chaîne suisse de sauvetage a été également fortement mise à contribution lors de différents tremblements de terre. La coopération avec l'Afrique a été réévaluée en regard de l'expérience accumulée par le passé, permettant de développer des instruments de suivi plus adéquats et de les concentrer sur certains pays. La Suisse a également étendu sa participation au Partenariat pour la paix. La coopération avec la Kfor au Kosovo, l'approbation de certaines parties du quatrième programme de partenariat individuel (PPI), permettent de poursuivre les efforts en matière de démocratisation, de santé, de recherche de disparus, de sauvetage, etc.

D'une manière générale, on souligne l'importance grandissante du rôle de l'armée. Grâce à nos engagements en Albanie et au Kosovo, la Suisse a pu participer aux consultations politiques et a obtenu un gain de crédibilité sur la question de la doctrine du maintien de paix. A l'heure actuelle, plus de 300 organisations internationales, caritatives pour la plupart, sont associées à la reconstruction du Kosovo. Compte tenu de l'effort particulier qu'elle fournit dans le cadre de l'aide au retour, la contribution de la Suisse dépasse un peu sa part habituelle, 2 à 3 pour cent, dans la répartition internationale de fardeaux. Il faut espérer que nous puissions poursuivre cet engagement au Kosovo et que nous ne subissions pas une lassitude comme d'autres organisations, et comme les membres de l'ONU ou certains d'entre eux, qui sont épuisés par l'effort grandissant que demande cette tâche gigantesque et qui ressentent de la déception à accomplir cette tâche, déception qui saisit aussi la population. Il y a donc déception de part et d'autre. Il faut espérer que ceci ne mette pas en danger cette action que nous menons dans ce pays.

On peut donc toujours faire plus, mais il semble que la Suisse mène aujourd'hui une politique d'aide et de développement cohérente et intelligente. Je n'ai donc pas de remarque à faire, car c'est un vaste sujet qui ne mérite pas que l'on intervienne de manière critique, tant nous essayons de participer par de petits pas et par de petites actions, mais tout à fait en harmonie avec les possibilités de notre pays.