Béguelin Michel · Ständerat · 2000-06-14
Béguelin Michel · Ständerat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2000-06-14
Wortprotokoll
La Suisse est au coeur de l'Europe. Ainsi, pour sa sécurité, que ça plaise ou non, la Suisse dépend de l'Europe. On l'a bien vu avec la discussion sur le rapport "La sécurité par la coopération." La Suisse est totalement intégrée aux réseaux européens: transports, énergie, télécommunications, protection de l'environnement. Pour les trois-quarts de son activité économique, la Suisse dépend de l'Union européenne, et elle s'en trouve bien. Le peuple l'a voulu ainsi, une première fois en 1972 lors des accords de libre-échange avec le Marché commun, puis maintenant avec les accords bilatéraux. Finalement, quand on voit cette évolution, il apparaît de plus en plus absurde que la Suisse, qui est maintenant l'un des pays les plus intégrés en pratique dans l'Union européenne, s'interdise de franchir le pas qui lui permettrait de participer aux décisions qui la concernent de plus en plus tous les jours. Plus le temps passe, plus la Suisse se transforme ainsi en une sorte de colonie économique européenne, et moins elle se donne la chance de participer à la construction politique européenne. C'est vrai, l'Union européenne n'est pas celle que l'on voudrait, mais de l'extérieur, attendre qu'elle le devienne, c'est politiquement irresponsable. C'est pourquoi je soutiens le principe de l'adhésion à terme. Pour moi, c'est inéluctable, mais bien sûr avec le peuple. Pour cela, il faut un immense travail d'information sur la situation réelle de la Suisse, par exemple dans la concurrence mondiale, sur la nécessité aussi d'échanger une part de la souveraineté qui nous reste contre le droit de codécider. Pour moi, c'est ça, l'enjeu politique.
L'initiative en question est sans doute le meilleur moyen de lancer le débat dans le peuple. C'est pourquoi je la soutiens avec conviction.