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Menétrey-Savary Anne-Catherine · Nationalrat · 2005-10-04

Menétrey-Savary Anne-Catherine · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2005-10-04

Wortprotokoll

La proposition Gutzwiller a le mérite de mettre en évidence cette vérité que chacun aimerait évidemment oublier, à savoir que, malgré les progrès de la médecine, on continue à mourir.

Dans le secret des hôpitaux, des EMS ou des appartements privés, des gens meurent de mort naturelle ou pas tout à fait naturelle. Soignants, proches ou médecins, les accompagnants doivent composer avec cette réalité quotidienne de la peur ou du désir de mourir. Le problème pour les médecins est que leurs études ne les ont absolument pas préparés à cela. Ils se sont généralement engagés dans ces études dans l'idée non seulement de soigner, mais surtout de guérir les gens. Alors que faire quand la vie touche à sa fin et quand on est impuissant à la retenir? Que faire quand il faut décider si on débranche les machines qui maintiennent quelqu'un en vie? Comment aborder la demande d'un mourant qui veut abréger ses souffrances?

Même si l'assistance au suicide, et encore bien plus l'euthanasie, continuent à faire l'objet d'intenses et très émotionnels débats, l'opinion publique est de plus en plus acquise à l'idée qu'il est légitime de vouloir mourir dans la dignité.

C'est pour prendre en compte cette demande que j'ai déposé en juin 2003 une motion demandant que ces questions soient abordées lors des études de médecine (03.3405). Le Conseil fédéral m'a répondu que la nouvelle loi sur les professions médicales universitaires - celle-là même que nous examinons en ce moment - tiendrait compte de ma requête et qu'elle fixerait pour objectif que les futurs médecins acquièrent les compétences médicales et sociales nécessaires pour traiter et accompagner les patients en fin de vie. Il s'agissait de faire admettre que les soignants ne pourraient orienter leur action exclusivement sur la guérison et qu'ils ne devraient pas ressentir la mort d'un patient comme un échec personnel. Ils ne devraient pas non plus se décharger confortablement, sans se poser de questions, sur des associations comme Exit ou Dignitas quand il est question d'un suicide assisté.

La proposition Gutzwiller va dans le sens que je souhaitais et que souhaitait aussi le Conseil fédéral; elle complète les objectifs dévolus à la formation continue tout en maintenant un caractère général à la loi. Elle ne vise pas spécialement l'assistance au suicide, mais aussi les soins palliatifs. C'est une proposition extrêmement raisonnable qui fait simplement apparaître cette réalité que les gens meurent aussi dans les hôpitaux, même quand ils sont entre les mains d'excellents médecins. Il faut s'y préparer.

C'est pourquoi le groupe des Verts soutient cette proposition et vous demande de la soutenir aussi.