Marty Dick · Ständerat · 2000-06-21
Marty Dick · Ständerat · Tessin · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2000-06-21
Wortprotokoll
Je n'avais aucune intention d'intervenir, mais la discussion qui a eu lieu et que j'ai suivie avec intérêt a un peu accentué mon malaise, un malaise dû au fait que nous nous apprêtons à dépenser une somme qui va bien au-delà du milliard de francs. Je vous rappelle que, plus ou moins chaque année, le Groupement de l'armement nous coûte entre 2 milliards et 2,3 milliards de francs, donc "non sono caramelle"!
En vous écoutant, j'avais sous les yeux le rapport de la Commission d'étude pour les questions stratégiques présidée par M. Brunner. Dans cette commission, il y avait une grande partie de l'"intelligentsia" helvétique, toutes personnes qui ne me semblent pas de dangereux contestataires. Mais, en vous écoutant, je lis une phrase et il me semble que c'est le moment de poser ma question, même peut-être un peu tardivement. Je lis: "Die Schweiz ist gegen unwahrscheinlich gewordene Gefahren wirksam gerüstet, aber auf die wirklichen Gefahren von heute und morgen ungenügend vorbereitet."
J'aimerais savoir si ce rapport est toujours actuel, si ces chars que même les socialistes, paraît-il, voulaient, vont dans cette direction. J'en profite pour énoncer une autre citation de ce rapport, qui me paraît excellent. On parle des véritables dangers d'aujourd'hui, on en a aussi parlé dans cette salle. C'est le crime organisé, le terrorisme, la corruption, etc. Cette excellente commission écrit: "Die bestehende Diskrepanz zwischen den Mitteln zur Abwehr des organisierten Verbrechens und jenen der klassischen militärischen Verteidigung ist besonders bemerkenswert, wenn man sich die realen Gefahren bewusst macht."
Je me rappelle le débat que nous avons eu il n'y a pas très longtemps dans cette salle, où on a entendu un conseiller fédéral nous dire, lorsqu'il s'agissait d'avoir, sur le plan national, une lutte contre la grande criminalité beaucoup plus rationnelle: "Votre proposition est très bien, même les cantons l'appuient. Mais elle coûte 100 millions de francs par année."
Je me rappelle cette phrase à propos de la "bemerkenswerte Diskrepanz". J'aimerais savoir quelle est aujourd'hui la position du Conseil fédéral, parce que les 100 millions de francs contre le crime organisé peuvent être mis en rapport non pas avec les milliards dont on discute aujourd'hui, mais par exemple avec les 157 millions de francs que nous dépensons chaque année pour des munitions. Ma petite intervention était pour rappeler ce rapport, en particulier les importantes affirmations qu'il contient. Je pense qu'elles ne sont pas totalement "unpassend" dans ce débat.