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AB 59656

Huguenin Marianne · Nationalrat · Waadt · Fraktionslos · 2005-11-29

Wortprotokoll

En mars 2005, lors du débat d'entrée en matière sur le projet de loi répondant à l'initiative parlementaire Fankhauser, le groupe "A gauche toute!/Links!" trouvait que la politique familiale en Suisse traînait les pieds. Maintenant, après le débat au Conseil des Etats, après les pressions massives qui viennent de la droite économique de ce pays, ce n'est plus de traîner les pieds qu'il s'agit, mais d'un saut en arrière, d'un véritable sabotage. Le sort réservé à l'article 5 par le Conseil des Etats est emblématique de l'effondrement de ce projet si cette position devait l'emporter.

Malgré les discours de tous les bords de ce Parlement sur le soutien à la famille, les partis majoritaires de ce pays se sont débrouillés pour ne rien faire pendant soixante ans, alors que le principe des allocations familiales était dans la Constitution fédérale. Ils se sont débrouillés pour mettre au congélateur l'initiative parlementaire Fankhauser à laquelle le Parlement a pourtant donné suite en 1992. On a mis aussi au congélateur les montants, 200 francs par enfant et par mois, qui nous arrivent tels quels treize ans après et qui font pousser des cris de frayeur à tous ceux qui ont pourtant profité de la croissance économique générale.

Coûts supplémentaires, économies et finances publiques soi-disant au bord du gouffre, autonomie des cantons: les familles, les femmes et les enfants de ce pays n'en peuvent plus d'entendre cette vieille litanie répétée mécaniquement par la minorité de la commission, par Monsieur Ruey; cette même minorité qui était prête à faire des cadeaux aux familles les plus riches de ce pays par le biais du paquet fiscal: des cadeaux représentant 2 milliards de francs. Mais quand il s'agit de montants dix fois plus petits, elle parle d'aide sociale et de caisses vides. Décidément, Monsieur Ruey, vous et vos amis de la droite économique, de l'UDC, vous n'avez aucune vision d'envergure de la politique sociale, de la politique familiale. Que 15 pour cent des couples avec trois enfants soient considérés comme pauvres, qu'une famille monoparentale sur cinq le soit, vous n'en avez cure. Vous vous en tenez à la charité, aux aides ciblées, à la culpabilisation, à la paperasse, à la bureaucratie. Et tant pis si un enfant sur dix dans ce pays vit dans une famille qui dépend de l'aide sociale, et plus d'un enfant sur dix dans les villes.

Des allocations familiales conséquentes et généralisées nous permettraient enfin d'inverser la tendance, de sortir des enfants et leur famille de la marginalisation de l'aide sociale, de la stigmatisation, d'avoir un système simple, unifié et compréhensible. Mais c'est exactement ce que vous refusez, ce que refuse la majorité du Conseil des Etats.

Nous appelons donc le Conseil national à sauver le minimum, à ne pas revenir sur son vote de 1992, sur cet article 5 et sur ceux permettant aux indépendants d'entrer dans le système, à ne pas céder sur les principes essentiels qui ont fait que le Parlement de l'époque a accepté de voir enfin se réaliser un principe constitutionnel et que notre pays offre à chaque enfant une allocation à peu près décente, comme la plupart des pays européens.