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John-Calame Francine · Nationalrat · 2005-12-08

John-Calame Francine · Nationalrat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2005-12-08

Wortprotokoll

Lors de la votation du 27 novembre dernier, la population a accepté de justesse le travail du dimanche dans les grandes gares et les aéroports. Ce résultat démontre qu'une ouverture généralisée des commerces le dimanche ne correspond pas à une demande des consommateurs et des consommatrices.

Actuellement, la Suisse n'a toujours pas de convention collective de travail au niveau national dans le domaine de la vente et les Chambres fédérales ont refusé d'inscrire dans la loi l'obligation de majoration salariale en cas de travail généralisé du dimanche. Le travail dans le commerce de détail est souvent mal payé et les emplois sont majoritairement occupés par des femmes, ceci pouvant certainement expliquer cela.

Pour autant, le monde économique ne se presse pas au portillon pour proposer des offres d'accueil pour les enfants à un coût supportable pour les parents et les collectivités publiques. Trop rares sont les cas où les entreprises participent au financement de telles structures. Elles sont au contraire souvent plus promptes à proposer un assouplissement des conditions de travail, notamment en proposant l'extension des horaires en soirée et le week-end, sans se soucier de ce qu'il adviendra des enfants de leurs employés. Elles ont aussi toujours plus tendance à recourir aux entreprises de location de services pour l'engagement temporaire de personnel. Pourtant, chacun reconnaît l'effet de précarisation sur l'emploi que génèrent ce genre d'entreprises.

Lors de la campagne qui a précédé la votation du 27 novembre dernier, les personnes proches des milieux économiques ont promis qu'en cas de vote favorable, elles ne souhaitaient pas en profiter pour étendre l'obligation de travailler le dimanche. Nous attendons maintenant de ces mêmes personnes qu'elles honorent leurs promesses et qu'elles refusent cette motion. Il en va de leur crédibilité.

La prolongation des heures d'ouverture n'augmente pas de manière significative le chiffre d'affaires des surfaces commerciales, car la population ne peut pas dépenser plus d'argent qu'elle n'en a à disposition. Le chiffre d'affaires est simplement réparti différemment sur les jours de la semaine.

Par contre, le dimanche est un jour particulier pour une majorité de personnes. Le dimanche ne doit pas être sacrifié sur l'autel du "tout-à-la-consommation". Cette journée est indispensable au maintien des liens familiaux et sociaux, à l'enrichissement de la vie spirituelle et religieuse, aux activités culturelles, sportives ou de détente. Comment peut-on développer la solidarité entre les générations, entre les voisins, entre les habitants d'un même immeuble ou d'un quartier, si chacun doit composer avec des horaires particuliers et irréguliers répartis sur les sept jours de la semaine?

Afin de maintenir le statu quo, le groupe des Verts vous invite à rejeter cette motion, comme le demandent aussi les syndicats, les Eglises et la Fédération romande des consommateurs.