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Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · 2000-09-20

Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · Genf · Liberale Fraktion · 2000-09-20

Wortprotokoll

Je crois, comme disait le président François Mitterrand, que dans cette affaire, l'essentiel, c'est de donner du temps au temps. C'est le temps qui est critère de tout. Il s'agit, d'une part, de savoir quel est l'acte politique essentiel, urgent, et de savoir ensuite quelle est la vision politique que nous avons, et ce que nous pensons qui arrivera nécessairement.

En ce qui concerne le temps actuel, il est évident qu'on en est aux accords bilatéraux. Il s'agit d'espérer que les accords bilatéraux seront soit ratifiés le plus vite possible par tous les Etats de l'Union européenne - je parle du volet de la libre circulation - et de voir ensuite comment nous vivrons durant les années prochaines avec l'application de ces accords bilatéraux.

Une autorité politique comme le Parlement, à l'instar du Conseil fédéral - je vous rappelle qu'en politique étrangère, de par la loi, le Parlement est associé à la conception et à la conduite de la politique étrangère - une autorité politique donc, si elle est digne de ce nom, doit avoir une vision. Or, la vision, elle est évidente. L'Europe, quoi qu'on en dise, quoi qu'on en veuille, avec ses imperfections, avec ses couacs, avec ses contradictions, l'Europe nécessairement se fera.

Il n'est donc pas imaginable de penser que la Suisse pourra préserver son identité, préserver ses intérêts en dehors d'une relation étroite avec l'Union européenne. Il n'est pas imaginable, dans une vision réaliste et dans une vision tournée vers l'avenir, d'imaginer l'avenir de la Suisse autrement que dans l'Union européenne.

Alors, est-ce que c'est un temps long qu'il faut imaginer, ou est-ce que c'est un temps moyen? Là, on peut différer d'opinion.

Mais il y a une chose qui est certaine: c'est que dès aujourd'hui, aussi bien vis-à-vis de nos partenaires européens que vis-à-vis de notre opinion publique, il est normal et il est bon que le Parlement - autant que le gouvernement - disent que le but politique, dans une vision - encore une fois - historique et politique, c'est en effet l'adhésion.

Par conséquent: que nous soyons informés, que cette négociation soit préparée, que les conséquences d'une adhésion soient expliquées! Tout cela, c'est tout simplement ce qui correspond - j'allais presque dire - à notre travail, au but stratégique défini par le Conseil fédéral.

C'est la raison pour laquelle je crois qu'il est normal, que l'on soit un chaud partisan de l'adhésion ou que l'on soit tiède ou que l'on soit encore en expectative quant à l'évolution de l'Union européenne, il est normal que nous maintenions cette décision et il serait heureux que le maintien de notre décision puisse entraîner le Conseil des Etats à un peu plus d'ouverture et à un plus de soutien à la conception du gouvernement.

Enfin, un dernier mot: vis-à-vis des jeunes - je ne parle pas de toute la jeunesse: il y a des jeunes qui sont contre l'adhésion à l'Union européenne -, vis-à-vis de ceux qui ont eu le ressort, qui ont eu, si je puis dire, le civisme aussi et la force de surmonter leur déception au lendemain du 6 décembre 1992, il serait normal, il serait équitable et il serait bon pour la Suisse que ce Parlement fasse un geste dans leur direction. Ceci pourrait, le cas échéant, les amener à retirer leur initiative.

Pour toutes ces raisons, le groupe libéral vous demande de maintenir votre décision.

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