Freysinger Oskar · Nationalrat · 2006-03-08
Freysinger Oskar · Nationalrat · Wallis · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2006-03-08
Wortprotokoll
Evidemment, avec ma motion, j'arrive un peu comme la grêle après la pluie puisque, si les avions de Swiss volent de plus en plus bas et de plus en plus lentement, le temps, lui, va de plus en plus vite. Alors, ma motion, actuellement, s'adresse à une défunte pour laquelle j'aimerais presque demander une minute de silence, puisque Swiss, depuis quelque temps, fait partie de Lufthansa. Ma motion, si on veut, est devenue sans objet - "volant identifié", si j'ose dire!
Cependant, je profite quand même de la tribune qui m'est donnée pour relever le problème de fond soulevé par cette motion, parce qu'elle touche aussi d'autres domaines pour lesquels je suis intervenu ou j'interviendrai ici.
Je rappellerai que, ce que Swiss n'a jamais réussi à faire, c'est de vendre des vins suisses de première qualité sur ses vols moyen et long-courriers. Lufthansa a réussi à le faire, avant d'avoir repris Swiss, ayant obtenu en Valais le cep d'or pour avoir acheté 100 000 bouteilles de vin valaisan de première catégorie pour en fournir ses vols long-courriers. Donc, on voit que ce qui est possible pour une entreprise étrangère allemande ne l'est pas pour nos propres entreprises "fédérales".
La question que l'on peut se poser est: les vins suisses sont-ils donc si mauvais? Au vu des multiples médailles internationales qu'ils obtiennent régulièrement, cela ne semble pas être le cas. En ce qui me concerne, je pense que, dans ce domaine, il faut absolument que nous favorisions l'économie de proximité.
Le Conseil fédéral, dans sa réponse, déclare qu'il ne peut pas intervenir dans la direction opérationnelle de Swiss. Pour ma part, je pense qu'il peut quand même édicter des directives très claires là où la Confédération possède une participation majoritaire, parce que le problème de Swiss, qui est actuellement sans objet puisque Swiss fait partie de Lufthansa, on le retrouve dans Postfinance qui fait régulièrement des offres de vins et qui m'a poussé à intervenir aussi parce que, lors d'une première offre, il y avait quatre vins étrangers - deux australiens, un sud-africain et un espagnol -, mais aucun vin suisse. Alors, je me demande où Postfinance trouve majoritairement ses clients. Parce que si cette société trouve des clients là où elle achète son vin, je veux bien qu'elle continue ainsi. Si toutefois nous ne défendons plus notre propre économie, les produits de notre propre terroir; si les entreprises et les régies de ce pays ne sont plus solidaires entre elles, nous sommes finis et le pays est ruiné; ça, c'est bien clair.
On nous dit souvent que les vins suisses n'ont pas de problème de qualité, mais un problème de marketing. Oui, mais si nous ne faisons pas le marketing pour nous-mêmes, qui le fera à notre place? Lorsque la Confédération est majoritaire dans ce genre d'entreprise, je pense que la moindre des choses serait quand même de promouvoir les produits du pays. D'ailleurs, les Français n'hésitent pas: dans leur compagnie aérienne nationale, ils vendent exclusivement des vins français et ne font pas de publicité pour des vins australiens.
Cependant, vu la situation et vu que j'ai été dépassé par les événements et que malheureusement Swiss a été vendue pour une croûte de pain, je ne vais pas jeter encore un morceau de pain à ces avions-là, et je retire donc ma motion puisqu'elle est devenue sans objet.