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Chiffelle Pierre · Nationalrat · 2000-09-26

Chiffelle Pierre · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2000-09-26

Wortprotokoll

Ce que je vous propose, c'est d'économiser aujourd'hui 1156 millions de francs, et j'imagine, au vu de ce que j'entends habituellement à ma droite dans ce Parlement qu'un certain nombre d'entre vous devraient être enchantés de pouvoir réaliser une économie de ce type-là.

Eh bien oui, Monsieur Engelberger, nous menons une campagne au sujet de la votation qui aura lieu dans deux mois, parce que nous considérons, en tout cas moi, que cette dépense hallucinante qui nous est proposée aujourd'hui est un excellent moyen pour démontrer à la population que des économies substantielles peuvent et doivent être réalisées dans le domaine des dépenses militaires en Suisse. C'est pourquoi, dès aujourd'hui effectivement, le peuple doit être informé de la possibilité qu'il aura de diminuer ces dépenses en réalité de 35 pour cent. En fait, par rapport à l'évolution que les dépenses ont connue depuis 1987, la diminution au sujet de laquelle le peuple se prononcera le 26 novembre prochain concernera 35 pour cent du budget actuel sur dix ans.

Si je vous propose de n'acquérir que les systèmes légers de déminage, c'est parce qu'il est incontestable qu'eux au moins auraient une utilité pratique dans les pays où le déminage est véritablement une question de survie pour la population.

Mais je dis par ailleurs que, dans ces conditions, c'est une provocation que de vouloir acheter aujourd'hui du matériel pour plus d'un milliard de francs, dont 990 millions de francs sont destinés aux chars de grenadiers, qui eux-mêmes auront besoin de 19,9 millions de francs pour les munitions de combat - c'est indiqué noir sur blanc dans le message. Ces 20 millions de francs pour les munitions représentent le double de ce que nous concédons dans ce pays au titre des crédits consacrés à l'intégration des étrangers. Moi, je dis que mes priorités sont ailleurs et que je refuse de dépenser le double de ce qui est destiné à la mise en oeuvre de l'intégration de la population étrangère dans ce pays, pour des munitions de combat de chars de grenadiers dont l'utilité est plus que discutable. Et je refuse aussi ces dépenses quand les mêmes travées nous disent que nous ne saurions trouver où que ce soit les 400 millions de francs qui seraient nécessaires au projet de flexibilisation de l'AVS.

Je dis aussi que c'est une provocation que de proposer une telle dépense, alors que l'on est incapable au Département de la défense, de la protection de la population et des sports de nous faire des propositions crédibles et véritablement concrètes d'une mise en oeuvre réaliste de l'"Armée XXI", alors que le département sait très bien que la population devra se prononcer dans deux mois sur une initiative qui, si elle était acceptée, aura une influence déterminante sur les dépenses militaires futures. Et c'est aussi une provocation que de continuer à vouloir proposer de telles dépenses, alors que des enquêtes que diligente votre département lui-même, Monsieur le Président de la Confédération - avec une objectivité qu'il me plaît de saluer ici - démontrent ce que nous avons toujours affirmé haut et fort au sujet des coûts réels de l'armée, à savoir que celle-ci coûte plus de 9 milliards de francs par année à l'économie suisse.

Toutes ces raisons m'amènent à vous proposer de réduire, pour l'instant en tout cas, ces dépenses militaires au strict minimum et à ce qui est véritablement utile, en vous rappelant que ce système de déminage simple, ainsi qu'il résulte des informations données à la Commission de la politique de sécurité, pourrait être certainement utilisé sur l'un ou l'autre des 1250 M-113 que nous possédons encore ou des 615 chars de grenadiers que nous avons acquis il y a moins de dix ans.