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Rossini Stéphane · Nationalrat · 2006-05-09

Rossini Stéphane · Nationalrat · Wallis · Sozialdemokratische Fraktion · 2006-05-09

Wortprotokoll

Je demande par cette motion que l'on profite des reconversions et des suppressions d'emplois qui sont et seront opérées au sein de la Confédération pour mettre sur pied un projet pilote qui soit un laboratoire de reconversion professionnelle.

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, je trouve qu'il est important que l'on profite du nombre élevé de postes qui sera supprimé au cours de ces prochaines années pour véritablement essayer de comprendre le phénomène de la reconversion professionnelle. Nous aurons ici la chance de maîtriser les différentes phases qui concernent ces restructurations, à savoir la mise à pied d'un certain nombre de personnes et la connaissance de leurs compétences pour entreprendre un processus de reconversion professionnelle.

Cette motion demande donc que nous travaillions sur un certain nombre de points qui sont partiellement réalisés, comme le dit le Conseil fédéral dans son avis. Il s'agit donc de travailler sur les principes de réinsertion et de reconversion, pour éviter les sorties forcées et anticipées du marché du travail, de soutenir la réalisation de formations de base et de formations continues et de soutenir ces formations non seulement de manière courte, mais aussi de manière plus longue, par le biais de financements.

D'autre part - et c'est le deuxième volet de la motion -, je demande que l'on établisse "un réseau de collaborations avec le tissu économique" et que l'on collabore - c'est le troisième volet - avec les lieux de formation. Le but de cette collaboration est, bien évidemment, d'une part de pouvoir apprécier les compétences des gens, et d'autre part de pouvoir évaluer l'ensemble de ce processus, à savoir la sortie du marché du travail - la sortie forcée - pour analyser le [PAGE 618] potentiel des gens, valoriser leurs compétences et ensuite intégrer les personnes dans une autre place de travail.

En effet, on observe qu'aujourd'hui, dans le processus de réduction du personnel, on est confronté à un environnement relativement difficile parce que, dans ce pays, nous n'avons absolument pas de politique en faveur des travailleurs âgés: il y a peu de contraintes pour les entreprises, pour ne pas dire absolument pas de contraintes. La formation continue souffre de problèmes de financement et d'accès: on sait très bien que les personnes les mieux formées, celles qui ont les postes les plus élevés, sont aussi celles qui bénéficient davantage de formation continue. Par conséquent et paradoxalement, celles et ceux qui sont le plus défavorisés bénéficient proportionnellement beaucoup moins de ces formations et se retrouvent ainsi pénalisés.

D'autre part, au niveau de la protection sociale, nous allons lancer un débat politique au sujet d'élévation de l'âge de la retraite. On sait que, du point de vue de la prévoyance professionnelle, les difficultés des caisses de pension vont aboutir à une restriction de l'accès à la LPP. On a vu que les réductions du nombre d'indemnités de chômage ont provoqué une hausse énorme des demandes d'aide sociale. Par conséquent, il s'agit ici de profiter, comme je l'ai dit, de cette masse importante de personnes pour essayer de comprendre et de suivre les processus.

Je vais donc maintenir ma motion, tout simplement parce qu'en étant d'accord avec le Conseil fédéral sur une partie des éléments, je ne suis pas tout à fait d'avis que le programme comparable existe déjà, comme cela est dit. Je crois que la vision qui est donnée dans l'avis du Conseil fédéral est une approche un peu plus étroite de la requête qui prend en considération certes les premiers points qui sont développés dans ma motion mais qui n'intègre pas du tout le volet "Analyse", le volet "Collaboration à l'évaluation et compréhension du processus".

Nous avons la chance ici de véritablement mettre sur pied une sorte de laboratoire très concret de compréhension des phénomènes de reconversion. L'administration pourrait profiter de cette dynamique pour essayer de comprendre des phénomènes que les entreprises n'auraient pas, très concrètement, la possibilité de financer.

Je vous invite donc à soutenir ma motion.