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Savary Géraldine · Nationalrat · 2006-10-05

Savary Géraldine · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2006-10-05

Wortprotokoll

A nous entendre de loin ce matin, on pourrait penser que nous nous livrons à une sorte de querelle d'épiciers, mégotant sur 4 pour cent, 4,5 pour cent, 8 pour cent, 10 pour cent. Mais si le débat ressemble ainsi à une mise aux enchères du domaine de la formation, de la recherche et de l'innovation, c'est précisément parce que le Conseil fédéral n'a pas fait preuve de responsabilité en passant de la parole aux actes, des promesses au financement. Du coup, c'est aujourd'hui au Parlement de montrer que le secteur de la formation, de la recherche et de l'innovation est prioritaire pour notre pays.

Dans ce cadre, le groupe socialiste souhaite donc 10 pour cent d'augmentation des crédits pour les quatre prochaines années dans ce secteur de la formation, de la recherche et de l'innovation, ceci pour trois raisons.

1. Ce crédit-cadre 2008-2011 doit impérativement honorer les promesses et les engagements déjà pris auprès des acteurs de la formation et des cantons. Cela veut dire que la Confédération doit contribuer par exemple pour 25 pour cent au financement de la formation professionnelle, et non à 16 pour cent comme c'est aujourd'hui le cas. Cela veut dire que la Confédération doit assumer un tiers du financement des HES, qu'elle doit réalimenter le Fonds national suisse de la recherche scientifique et verser sa contribution au programme-cadre de recherche avec l'Union européenne.

2. Le message relatif à l'encouragement de la formation, de la recherche et de l'innovation pendant les années 2008 à 2011 doit affronter l'augmentation démographique prévue, et par conséquent l'augmentation du nombre d'étudiants. Je rappelle que la part de la Confédération aux universités est passée de 44 000 à 32 000 francs par étudiant ces dernières années. Sans augmentation réelle des budgets, cette proportion sera encore réduite.

La part publique destinée à l'aide à la formation doit aussi être augmentée. En la matière, les besoins sont immenses pour assurer l'accès à la formation supérieure et la mobilité des étudiants.

Enfin, pendant que nous pinaillons sur quelques pour cent, les pays de l'Union européenne prévoient une augmentation de 10 pour cent des budgets destinés à la formation. La Chine, au vu de ses investissements, aura dans quelques années autant d'étudiants que l'Allemagne - et ne parlons pas de l'Inde, qui mise ses budgets publics sur la formation et la recherche. En Suisse, par contre, le soutien financier de l'Etat en faveur de la formation stagne à un niveau inférieur aux subventions pour l'agriculture.

Pour respecter nos promesses et pour aller au bout de nos ambitions, une augmentation de 10 pour cent des crédits est donc indispensable. La motion Riklin équivaut en réalité à dire un petit oui en faveur de la formation, à dégager de petits moyens pour de petites ambitions. Une augmentation de 6 pour cent signifie en réalité une croissance zéro. C'est insuffisant.

Nous soutiendrons néanmoins la motion Riklin, tout comme nous soutiendrons la motion Gadient ainsi que celles du groupe radical-libéral.

Je vous invite donc à soutenir la motion du groupe socialiste qui demande une augmentation de 10 pour cent.