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Burkhalter Didier · Nationalrat · 2006-10-05

Burkhalter Didier · Nationalrat · Neuenburg · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2006-10-05

Wortprotokoll

Seuls des motions et des postulats figurent à l'ordre du jour de nos débats, mais l'enjeu politique est fondamental. Il s'agit de la qualité de la formation pour chaque personne concernée dans ce pays, il s'agit aussi de la réindustrialisation de la Suisse grâce à la recherche dans les technologies d'avenir, bref il s'agit des emplois et du bien-être de ces prochaines années. Notre conseil doit s'investir dans cet enjeu, pour que l'on investisse dans la formation, la recherche et l'innovation. Nous devons en faire une priorité politique véritable et cela signifie pour nous, groupe radical-libéral, que le Parlement doit faire preuve simultanément de trois qualités: l'ambition, l'efficience et l'imagination.

L'ambition tout d'abord doit permettre de décider une forte croissance des investissements - pas seulement une petite croissance, comme cela vient d'être dit par Madame Savary - pour faire face par exemple à l'augmentation du nombre de jeunes étudiants, pour assumer l'évolution des filières, pour affronter la concurrence et pour assurer la reconnaissance internationale aussi.

L'efficience ensuite doit nous amener à générer plus de qualité et plus de contenu pour chaque franc investi. Nous devons promouvoir les réseaux, éliminer les doublons, réaliser des économies d'échelle, créer des pôles d'excellence, à l'image de la microtechnique, par exemple.

L'imagination enfin, car il ne suffit pas de décréter des priorités, encore faut-il assumer notre responsabilité politique en [PAGE 1528] proposant des solutions de financement, si possible originales et praticables. Résumons en une phrase: le financement accru de la recherche et de l'innovation implique une recherche innovatrice de financement.

C'est cette attitude que nous vous proposons d'adopter avec le postulat du groupe radical-libéral 06.3396, "Crédit 2008-2011 pour la formation, la recherche et l'innovation. Financement innovateur", qui fait partie intégrante de notre concept.

Voici les grandes lignes de la réflexion: il s'agit d'assurer durablement et régulièrement le financement de la part publique à la recherche fondamentale, d'éviter le phénomène de "stop and go" dû aux inévitables variations de conjoncture et aux programmes d'économies qui les accompagnent. Pour cela il faut de nouvelles sources de financement, en plus du budget normal de la Confédération. Notre idée à terme est la mise sur pied d'une fondation suisse pour la recherche, qui gérera et utilisera un patrimoine mis à disposition par la Confédération, en particulier l'immobilier devenu inutile dans le cadre du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports, à l'exemple de la place d'aviation de Dübendorf. Cette idée est en voie de concrétisation; d'ailleurs le Conseil fédéral a déjà proposé d'accepter un postulat du groupe radical-libéral 06.3050, "Création d'une fondation Recherche Suisse", allant dans ce sens, mais cela prendra encore du temps, plusieurs années, pour être efficace.

Pour obtenir des moyens supplémentaires dès le début de la période 2008-2011, il faut agir sans attendre. Notre postulat propose dès lors d'étudier la piste concrète suivante: créer rapidement un fonds pour la recherche; le doter dès l'an prochain d'une fortune de plus de 2 milliards de francs, éventuellement par la vente des actions excédentaires de Swisscom détenues par la Confédération, c'est-à-dire celles qui sont au-dessus de la proportion légale de 50 pour cent; placer cette fortune, peut-être même de manière ciblée en faveur de l'objectif de réindustrialisation de la Suisse; et enfin affecter les revenus ainsi obtenus, environ 100 millions de francs par an dès 2008, au financement de la recherche et du transfert de technologies vers les entreprises créatrices d'emplois. A terme, la fortune du fonds pourrait être remise à la fondation suisse pour la recherche, en formation elle aussi actuellement.

C'est une idée que nous lançons et nous vous proposons, par ce postulat, de demander au Conseil fédéral de l'étudier. Vous donneriez ainsi un signe d'ouverture et vous feriez en politique ce que l'on souhaite tous dans les instituts et dans les universités, à savoir de la recherche pour trouver des solutions nouvelles, modernes, qui sortent des sentiers battus et qui préparent l'avenir.