Berset Alain · Ständerat · 2006-09-19
Berset Alain · Ständerat · Freiburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2006-09-19
Wortprotokoll
En se basant sur le refus des règles contraignantes, comme par exemple l'augmentation de l'âge de la retraite, notre collègue propose de mettre en place des incitations à prolonger la vie professionnelle. Je pense effectivement que plus de flexibilité dans ce domaine est souhaitable, et j'accepterai cette motion, avec néanmoins les réserves que le Conseil fédéral a émises dans sa réponse, réserves qui concernent en particulier le domaine de la fiscalité.
Je voulais quand même saisir l'occasion de ce débat pour faire quelques remarques. La flexibilité qui concerne l'immense majorité de la population est celle qui vise à permettre dans des conditions acceptables de prendre une retraite de façon anticipée et non de prolonger la vie active, et cela pour plusieurs raisons.
D'abord, pour des raisons personnelles: tout le monde n'arrive pas en pleine forme à 60 ou 65 ans. Il y a des métiers, et c'est même la majorité de ceux-ci, qui sont usants et tout le monde n'y résiste pas de la même manière.
Ensuite - et je crois que c'est là un élément extrêmement important -, il y a l'attitude des entreprises. Celles-ci ne sont la plupart du temps pas du tout enthousiastes à l'idée même d'engager des personnes de plus de 55 ans. Au contraire, on voit que c'est actuellement un très gros problème pour des raisons de coûts. Les salaires pour les personnes de plus de 55 ans sont souvent plus élevés que pour les plus jeunes. De plus, il est probablement plus facile dans la plupart des cas d'engager des personnes plus jeunes qui s'adapteront plus facilement. Je crois que c'est effectivement un problème et c'est là que les solutions sont les plus difficiles à trouver.
Le résultat de tout cela est une forme de nouvelle précarité de l'emploi pour les gens entre 55 et 65 ans et, malheureusement, dans ce domaine, les incitations n'existent pas ou presque pas. La motion Heberlein dont nous parlons ici ne mentionne pas cela, même si c'est là que se trouve, à mon sens, une grande partie du problème qui concerne beaucoup de gens.
La remarque que j'ai faite sur le rôle des entreprises vaut aussi pour la prolongation de la vie professionnelle. D'abord, est-ce que les entreprises veulent de cette prolongation, alors qu'elles ont déjà de la peine à engager des personnes de plus de 55 ans? Ensuite, sont-elles prêtes à mettre en place les incitations nécessaires, aussi de leur côté, par exemple la possibilité d'avoir des emplois à temps partiel ou d'autres mesures du même type?
En conclusion, je crois que toutes ces questions montrent bien que nous nous situons dans un débat beaucoup plus large que les simples incitations que nous pourrions mettre en place pour la prolongation de la vie professionnelle. Je souhaiterais que, si la motion Heberlein est effectivement adoptée, ces éléments soient vraiment pris en compte par le Conseil fédéral lors de sa mise en oeuvre.