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Couchepin Pascal · Bundesrat · 2006-09-25

Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 2006-09-25

Wortprotokoll

En introduisant cette règle qui favorise les génériques, on a provoqué une véritable révolution sur le marché des produits pharmaceutiques. Et lorsqu'il y a une révolution, il y a évidemment toute une série de questions qui se posent et qui ne peuvent être résolues en une seule fois. J'ai parfois le sentiment qu'on réclame des changements, mais qu'au moment où ils sont mis en place, tout le monde regrette l'ancien régime ou veut le consolider, comme vous l'avez fait tout à l'heure, pour éviter d'être obligé de s'adapter. Ce qui se passe dans le domaine des médicaments, c'est exactement cela.

Il y a un processus qui est en marche, dans lequel on a donné un avantage aux génériques ayant les mêmes molécules que les produits originaux. Les génériques doivent en principe être 30 pour cent meilleur marché que la préparation originale. Ce qu'on n'avait pas prévu, c'est que la réponse des fabricants des préparations originales a été de réduire leurs prix de manière aussi rapide. A la fin, la surprise a été positive pour nous, parce qu'on pensait qu'ils n'allaient pas bouger et qu'ils allaient lutter contre les génériques en formulant des remarques comme celle que vous avez faite et qui, concernant une personne de 85 ans, est probablement juste. C'est certainement difficile de changer quatre médicaments d'un coup à une personne de 85 ans.

Ce n'est pas ce qui s'est passé. Les fabricants des produits originaux ont décidé de contre-attaquer et d'essayer d'être à moins de 20 pour cent plus cher que les génériques, de telle sorte qu'ils bénéficient aussi du privilège de la participation aux coûts par les assurés à raison de 10 pour cent, et non de 20 pour cent. Et quand cette opération a été faite, les fabricants des génériques ont essayé de réduire une fois encore leurs prix parce que la concurrence dans le domaine des génériques est très forte, pour être de nouveau 20 pour cent meilleur marché que les produits originaux. Et ainsi de suite. Il y a bien un moment où cela va s'arrêter parce que les uns et les autres auront probablement des problèmes de coûts. Mais c'est une évolution extrêmement positive qui oblige en effet chacun à réagir très rapidement.

C'est pour ça qu'on réfléchit maintenant à un système qui ne bloquerait pas l'évolution - parce qu'on ne veut pas la bloquer -, mais qui permettrait de la stabiliser par paliers, de telle sorte qu'il n'y ait pas de jour en jour des modifications du prix des médicaments, aussi bien dans les pharmacies qu'auprès des compagnies d'assurance-maladie qui savent qu'elles doivent exiger 20 pour cent de participation aux coûts, et non pas 10 pour cent. Il y a un problème de timing, de paliers qu'il faut régler.

Cela dit, d'après les conversations que j'ai eues avec les pharmaciens, environ 5 à 10 pour cent des gens n'arrivent pas à s'adapter pour des raisons psychologiques ou physiologiques au changement, et ne parviennent pas à prendre des génériques plutôt que des préparations originales. C'est un problème, mais cela ne doit pas cacher le fait que pour 90 pour cent des gens, l'évolution est possible, qu'elle est en train d'avoir lieu. Si une personne de 85 ou 90 ans prend quatre médicaments et n'est visiblement pas en mesure, psychologiquement et humainement, de faire face à un changement de quatre médicaments et que son médecin continue à ordonner la prise de médicaments originaux pour ce cas-là, je répondrais au docteur qui me demanderait mon point de vue que c'est un cas limité dans le temps, et pour cause!

La réponse, nous allons vous la donner. Je vous remercie de nous laisser le temps de vous répondre de manière circonstanciée. Je voudrais dire que je partage votre avis sur un point: les médecins sont des rouages essentiels du système et ils ont bien joué le jeu dans l'intérêt du système de santé. Je tiens à exprimer ici ma reconnaissance envers le corps médical pour avoir mis en oeuvre efficacement cette mesure et augmenté la part des génériques prescrits.

On n'est pas encore au bout du chemin. D'après les chiffres qui ont été communiqués ces jours-ci, près de 60 pour cent des médicaments qui pourraient être remplacés par des génériques le sont. Il reste toujours 40 pour cent des médicaments qui pourraient être remplacés par des génériques, qui ne le sont pas. Par conséquent, il y a encore un effort à faire, camarades! et il faut le faire avec les médecins, et non pas contre les médecins.

C'est la raison pour laquelle nous tenons à avoir la meilleure communication possible et nous répondrons de manière extrêmement aimable à ce docteur. Par les expressions qu'il utilise, il n'est pas toujours aussi aimable à notre égard que nous le serons envers lui!

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