Chiffelle Pierre · Nationalrat · 2000-10-04
Chiffelle Pierre · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2000-10-04
Wortprotokoll
Une fois n'est pas coutume, Monsieur le Président de la Confédération et néanmoins chef de la défense, j'aimerais moi aussi tresser des lauriers à votre département pour les efforts de transparence absolument inattendus qu'il nous présente moins de deux mois avant la votation populaire sur l'initiative en faveur d'une redistribution des dépenses. C'est vrai que c'est un très bel effort, je tiens à vous en féliciter très sincèrement, ce d'autant plus que les conclusions de l'étude que vous avez vous-même diligentée, parviennent exactement aux chiffres qui ont toujours été les nôtres s'agissant des coûts réels de l'armée en matière d'économie publique dans ce pays. C'est donc dire que nous pouvons aussi nous rejoindre sur un certain nombre de constatations. Reste encore à ce que nous puissions nous rejoindre sur les conclusions à en tirer, je ne désespère pas que ce soit un jour le cas.
Il est peut-être intéressant tout de même de rappeler ici un certain nombre de chiffres qui ressortent de l'étude que vous avez commandée et que vous ne contesterez probablement vraisemblablement pas, dès lors. Ces chiffres nous apprennent qu'en sus des coûts budgétaires de la Confédération - dont il est toujours question -, il convient encore de rajouter respectivement des montants de 205 millions de francs pour les cantons et de 250 millions de francs pour les communes.
On observera, s'agissant des coûts extrabudgétaires, que la perte de production pour les employeurs due à la seule armée - j'exclus de ces chiffres la protection civile et les activités hors du service - s'élève à 1,485 milliard de francs, alors que le tir hors du service - vous savez, Monsieur le Président de la Confédération, que c'est un de mes dadas - coûte aux employeurs du pays, en sus évidemment des coûts budgétaires qu'il engendre pour la collectivité publique, 60 millions de francs par année. Il s'agit évidemment là de constatations extrêmement intéressantes qui nous amènent à ce coût global de 9,35 milliards de francs, qui est le coût réel des dépenses faites par ce pays chaque année pour la défense nationale. C'est, à notre avis, un très lourd tribut. C'est donc l'occasion pour nous, dans le cadre de ce débat, de commencer - si ce n'est déjà fait - à lancer la discussion publique sur l'indispensable réduction des dépenses militaires au sujet de laquelle le peuple et les cantons pourront se prononcer le 26 novembre 2000.
Cela étant je suis tout de même sidéré, que même un représentant du PDC, sous des prétextes véritablement fallacieux, alors que le département avait décidé déjà au moment du dépôt du postulat de commander cette étude, puisse venir dire qu'il convient de rejeter ce postulat. Est-ce à dire qu'à droite de ce Parlement on ne voudrait même pas discuter sur des chiffres objectifs? Je n'ose imaginer que ce soit le cas, et je puis espérer que vous rejetterez l'invraisemblable proposition Heim, et que vous accepterez de soutenir un postulat d'ores et déjà mis en oeuvre par le Conseil fédéral lui-même.