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Rossini Stéphane · Nationalrat · 2006-12-14

Rossini Stéphane · Nationalrat · Wallis · Sozialdemokratische Fraktion · 2006-12-14

Wortprotokoll

Comme vous l'aurez compris d'après les propos de ma collègue Silvia Schenker, le groupe socialiste, bien évidemment, entre en matière sur la révision partielle de la loi sur les stupéfiants.

Après des débats difficiles où même lorsque l'on déclare vouloir sortir des idéologies, on en reste très clairement tributaire - on l'a entendu ce matin -, où même lorsque l'on essaye de légiférer, on se bat sur de petits cas individuels, qui sont certes problématiques mais qui ne permettent pas de résoudre l'ensemble de la question, après les échecs au Parlement, le sujet est et reste extrêmement important, et nous devons le traiter rapidement.

Le groupe socialiste soutient donc sans réserve le projet soumis au Parlement. S'il le fait, c'est aussi parce que ses membres veulent que cette réflexion ne soit ni restreinte par une vision fermée, ni subordonnée à une position catégorique. A part les difficultés et les questions qui concernent la consommation ou la polarisation autour de la notion [PAGE 1863] d'abstinence, il convient d'admettre une fois pour toutes que nous avons affaire ici à une problématique très complexe. Ses différents aspects se rapportent à la fois aux substances consommées et au commerce; des questions sanitaires, sociales, psychosociales et économiques se posent; nous avons affaire à des éléments de prévention, à des problèmes d'accès aux substances, d'éducation, de perception des problèmes sociaux, etc. Par conséquent, si nous voulons être cohérents, il nous faut une approche globale de la problématique des dépendances axée non seulement sur les substances - auxquelles on pourrait ajouter le tabac ou les médicaments, qui posent aussi de graves problèmes -, mais aussi sur la restriction de l'accès aux produits, la prévention et la responsabilité individuelle. Par conséquent, nous soutenons très clairement les finalités de la révision partielle qui nous occupe aujourd'hui, mais nous ne voulons pas qu'elle se réduise à la seule problématique des substances; les problèmes sont beaucoup plus larges, et c'est dans cet esprit que nous devons avancer.

La dimension centrale du projet, qui s'articule autour du concept des quatre piliers, mérite un large soutien politique. Bien sûr qu'il faut un équilibre, bien sûr que nous voulons prévenir la consommation de stupéfiants, bien sûr qu'idéalement on doit aspirer à l'abstinence, bien sûr que l'on doit protéger les personnes des conséquences néfastes de cette consommation, mais nous n'y parviendrons que si nous avons véritablement une approche interdisciplinaire, une approche large de cette question. Aujourd'hui, vouloir résoudre la problématique en s'enfermant dans une discussion autour de l'abstinence, comme nous l'avons fait trop souvent de manière réductrice, nous empêchera de trouver les bonnes solutions: cela nous facilitera la diffusion d'un discours réducteur, cela nous permettra de décréter l'arrêt de la consommation, de diffuser des slogans, mais nous ne résoudrons aucun problème pour les victimes. Et le vrai problème, ce sont les personnes qui souffrent de toxicodépendance et qui sont aussi des victimes. Par conséquent, nous voulons, abstraction faite des querelles idéologiques, trouver aujourd'hui une solution et aller de l'avant. Bien évidemment, il conviendra un jour d'admettre que la seule criminalisation de ce phénomène ne répondra pas à nos attentes et ne résoudra pas les problèmes. Il faut effectivement entrer dans cette discussion pour trouver des solutions aux problèmes. Décréter que les toxicomanes sont des criminels est très réducteur et n'apportera aucune réponse aux problèmes auxquels sont confrontées ces personnes, et finalement l'essentiel est là.

Par conséquent, le groupe socialiste entre en matière et soutient ce projet, pour aider les personnes qui en ont véritablement besoin. C'est l'essentiel de ce projet.