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Couchepin Pascal · Bundesrat · 2006-12-05

Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 2006-12-05

Wortprotokoll

Tout d'abord, sur ce dernier point, ce point de procédure, je partage votre point de vue. Le directeur de l'office est là. Il est évident qu'il est difficilement concevable, si c'est le cas, que l'on donne la réponse la veille du débat, et il faut corriger cela.

Je vous dirai, Monsieur Reimann, en toute amitié, que vous avez été relativement virulent. Dieu sait ce que cela aurait été si vous aviez eu plus de temps pour vous préparer! Je crois que l'on aurait le sentiment que la paix dans ce pays est en cause. J'accepte volontiers que vous puissiez évoquer avec une telle vigueur dans votre interpellation un problème comme celui-là. Dieu sait ce que cela aurait donné, si vous aviez eu quinze jours pour répéter tous les soirs l'attaque contre le système de distribution des films! Mais honnêtement, le système actuel ne marche pas si mal. Regardez les résultats: on n'a jamais eu de si bons résultats pour les films suisses. Cette année, on a même un problème parce que les montants à disposition pour "Succès Cinéma" sont insuffisants, et l'autre jour il y a eu une protestation. Mon premier jugement global, celui d'un politicien, qui regarde d'abord l'ensemble, c'est que le système n'est pas catastrophique, s'il produit de tels résultats.

Maintenant, dans le détail, que tel ou tel groupe soit mécontent de n'avoir pas bénéficié d'une subvention, là je dois m'en remettre aux décisions qui ont été prises. Les projets de documentaires que vous avez évoqués ont été présentés. Ils ne remplissaient pas les exigences artistiques et techniques de l'encouragement du cinéma par la Confédération. On peut avoir un avis différent, mais enfin il y a des procédures: ils ont recouru, ils ont perdu.

Maintenant, le deuxième point de votre philippique, c'est de dire qu'il y a des gens qui travaillent dans la réalisation de films dont ils auraient peut-être préavisé le projet dans le cadre des expertises. Je ne vous dis pas que cela ne peut pas arriver. Je sais bien que dans un petit pays comme la Suisse, tout le monde est un peu connecté, dans un milieu comme le cinéma, mais je ferai une enquête au sens le plus large du terme, pas une enquête administrative, et je chercherai à savoir si c'est une pratique courante que quelqu'un qui est dans un jury ensuite travaille dans la réalisation du film en question. Je recommanderai aux responsables d'éviter cela.

En conclusion, je constate qu'il y a une réorganisation des jurys, parce que jusqu'à il y a quelques mois, il y avait une multitude de jurys qui traitaient tous ces problèmes. Finalement, toute la branche était liée aussi à la distribution des subventions, parce qu'il y avait tellement de jurys spécialisés que tout le monde était plus ou moins lié. Alors, on a réduit considérablement le nombre des commissions spécialisées, ce qui devrait permettre d'éviter le risque que vous évoquez. Mais on y regardera de plus près, parce qu'il faut en effet éviter cela.

Lorsque j'ai repris le Département fédéral de l'intérieur, j'ai été assez surpris par l'attribution d'un crédit à un film injurieux à mon égard et à celui de ma famille. A cette occasion, j'ai demandé qu'on fasse une enquête administrative sur la manière dont les crédits étaient attribués. Ma conclusion a été que les gens qui les avaient attribués avaient manifesté une certaine naïveté, mais qu'ils n'avaient en tout cas pas fait preuve de malhonnêteté. C'est la raison pour laquelle je suis cela avec une certaine distance, ce qui sied à un ministre de la culture qui essaie de rester libéral dans ses actes comme dans ses pensées à l'égard des créateurs artistiques. Je ne me permettrai pas d'être trop inquisiteur, car ce serait contraire à la liberté de la culture.

Mais on essaiera de répondre à la question complémentaire que vous avez posée; cela vous permettra de vous préparer pour la prochaine interpellation.