John-Calame Francine · Nationalrat · 2007-03-05
John-Calame Francine · Nationalrat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2007-03-05
Wortprotokoll
La protection contre le bruit, qu'il soit d'origine civile ou militaire, mérite toute notre attention et il n'y a pas lieu d'apprécier de manière différente et plus tolérante l'une ou l'autre de ses sources.
Les Verts soutiennent cette initiative populaire car elle soulève un problème majeur de qualité de vie pour les populations riveraines des aéroports de Payerne, Sion et Meiringen. De plus, le bruit occasionné par les avions nuit à l'activité économique liée au tourisme, qui constitue, pour certaines de ces régions, la principale source de revenus.
Notre armée, lorsqu'elle a acquis les 34 F/A-18, n'a pas suffisamment pris en compte le contexte géographique de notre pays dans lequel ces avions doivent évoluer, et nous estimons qu'elle n'a pas évalué correctement les nuisances sonores et la pollution de l'air auxquelles sont soumises les populations qui habitent à proximité de ces aéroports militaires, ainsi que les touristes qui viennent se détendre dans l'Oberland ou le Valais. Aux Etats-Unis, les avions militaires de ce type décollent essentiellement depuis des porte-avions et dans l'Union européenne, les aéroports militaires ont été le plus souvent implantés en bord de mer, pour permettre aux avions de s'éloigner très vite des zones habitées et ainsi limiter les nuisances sonores très importantes émises durant le décollage. La postcombustion, autrement dit le turbo des avions, occasionne énormément de bruit, puisqu'on enregistre jusqu'à 140 décibels au moment du décollage. Certains habitants ont mesuré 34 décibels dans leur appartement, fenêtres fermées: c'est dire à quel point les nuisances sont importantes et que la grogne de la population est légitime et compréhensible car il est insupportable de vivre dans de telles conditions. Certes, l'armée a pris un certain nombre de dispositions pour essayer de limiter ces nuisances - altitude minimale, pas de vols supersoniques en dessous de 10 000 mètres, horaires de vol réduits -, mais elles sont insuffisantes pour assurer une qualité de vie correcte aux riverains; ce d'autant plus que lors d'événements particuliers tels que le World Economic Forum de Davos ou bientôt l'Euro 2008, les aéroports militaires servent de base aux avions assurant la sécurité aérienne et qu'à ce moment-là, ils ont l'autorisation de voler de nuit comme de jour.
Le bruit est une émission sonore non désirée et déplaisante; c'est une intrusion dans la vie privée. Il n'est pas perçu de la même façon par tous, car la tolérance au bruit varie d'une personne à l'autre. L'OMS a défini des seuils de tolérance. Bien qu'il soit considéré encore comme acceptable jusqu'à 65 décibels, le niveau du bruit a été jugé comme gênant entre 50 et 65 décibels.
Les conséquences de l'exposition au bruit sur la santé ne sont pas négligeables, loin de là. L'exposition au bruit peut engendrer une grave irritation, une gêne de la parole et une perturbation du sommeil. Certaines études ont démontré que les enfants exposés de façon chronique à des bruits intenses ont des aptitudes réduites en ce qui concerne l'apprentissage de la lecture, la concentration et la résolution de problèmes. Le bruit peut perturber les activités mentales exigeant de l'attention, de la mémoire et une aptitude à résoudre des problèmes analytiques complexes. Même léger, le bruit perturbe. Il n'y a pas d'accoutumance au bruit: une source sonore supérieure à 35 décibels perturbe l'ensemble des stades du sommeil.
Dès lors, la mobilisation de la population face à cette source de pollution sonore est bien compréhensible. Il n'y a pas que les habitants de la "Goldküste" qui subissent des nuisances sonores dues au trafic aérien! C'est la raison pour laquelle nous osons espérer que les riverains de l'aéroport de Zurich se montreront solidaires avec les riverains des aéroports militaires et soutiendront massivement cette initiative populaire.
En conclusion, le groupe des Verts soutient cette initiative populaire, d'une part pour préserver la santé des riverains, et d'autre part pour maintenir une qualité de vie permettant une activité touristique de qualité.