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Nordmann Roger · Nationalrat · 2007-03-08

Nordmann Roger · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2007-03-08

Wortprotokoll

Je m'adresse en premier lieu à Monsieur Schweizer. Vous avez dit que la relation entre la mère et l'enfant était particulièrement importante. Je trouve incroyable que dans le même temps vous ne nous disiez pas aussi que la relation entre le père et l'enfant est très importante. En tout cas, la plupart des pères de ma génération l'ont aujourd'hui compris et ils s'engagent fortement.

Ils s'engagent aussi fortement pour que les deux partenaires puissent être actifs sur le marché du travail, ceci pour des raisons évidentes: d'une part, on a besoin aujourd'hui de plus que d'un seul salaire pour faire tourner un ménage avec des enfants - à moins d'être dans une classe sociale très aisée - et, d'autre part, sur le plan macroéconomique, il serait totalement absurde de se priver de la main-d'oeuvre féminine qualifiée. Sur le plan personnel et familial, une répartition trop asymétrique des rôles ne me paraît pas souhaitable. Les enfants ont besoin d'une forte présence des deux parents pour bien se développer et, en plus de l'aspect financier, le fait d'exercer une activité [PAGE 137] professionnelle est une source d'épanouissement qui est aussi importante.

Plus particulièrement, je suis très étonné par votre argumentation sur les PME. Les entreprises modernes ont compris l'intérêt de faciliter la conciliation entre la vie professionnelle et la vie familiale et les grandes entreprises prennent parfois des mesures concrètes, comme le congé-paternité. Et ce sont justement les PME qui sont ensuite discriminées parce qu'elles n'ont en général pas les liquidités voulues pour financer ce genre de mesures. Sur le marché du travail, on donne un avantage aux grandes entreprises par rapport aux PME, surtout par rapport aux PME de la construction qui comptent proportionnellement beaucoup d'hommes, lesquels ont par ailleurs beaucoup d'enfants. Un congé-paternité permettrait précisément de rétablir l'équilibre et la solidarité entre les entreprises.

C'est là l'intérêt de ce congé-paternité, et c'est la raison pour laquelle il faut adopter ma motion 06.3662.

Je ne comprends pas votre raisonnement. Vous évoquez aussi les questions pratiques. Mais si vous lisez ma motion, Monsieur Schweizer, vous pourrez voir qu'elle est formulée exprès de manière souple. Il ne s'agit pas nécessairement de prendre un bloc de congé de quelques semaines juste après la naissance de l'enfant, mais ce congé peut être réparti, d'entente entre l'employeur et l'employé, sur l'année. Ce système est raisonnable et pratique. Je vous rappelle que notre économie fonctionne, alors même que l'on envoie les hommes plusieurs semaines par année au service militaire. Je ne comprends pas votre opposition.

Je crois qu'il est justement dans l'intérêt des PME d'avoir des collaborateurs motivés qui puissent concilier dès le début vie familiale et vie professionnelle. C'est la base, et c'est dans l'intérêt des PME. Si seules les grandes entreprises peuvent offrir cela à leurs employés, les PME auront de la peine à recruter les collaborateurs les plus qualifiés, car elles n'auront pas de conditions de travail attractives.

Pendant que j'ai la parole, j'aimerais encore adresser deux mots à Madame Glanzmann-Hunkeler. Vous avez évoqué comme solution le congé-paternité non payé. Mais Madame Glanzmann-Hunkeler, qui peut s'offrir un congé-paternité non payé quand vous devez nourrir deux ou trois enfants que vous avez déjà, quand vous devez payer la garderie, quand vous avez dû un peu réduire votre temps de travail des deux côtés pour gérer les problèmes de garde? Quand on a des enfants, c'est un moment où on a besoin d'argent et, à part peut-être les salaires les plus élevés, il n'est pas possible de prendre des semaines de congé non payé. Les ménages, les familles ne peuvent pas se le permettre. C'est une solution hypocrite. Comme on n'arrivera pas, sur le plan du partenariat social, à une solution, à cause du déséquilibre de rendement et de structure démographique dans les branches, il faut accepter ma motion et avoir une solution de rang légal exactement comme on l'a fait ensemble - le groupe démocrate-chrétien et le groupe socialiste - pour l'assurance-maternité.

Je vous invite donc, Madame Glanzmann-Hunkeler, a voter aussi en faveur de ma motion.