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Germanier Jean-René · Nationalrat · 2007-03-13

Germanier Jean-René · Nationalrat · Wallis · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2007-03-13

Wortprotokoll

Le groupe radical-libéral veut permettre aux agriculteurs suisses d'être concurrentiels vis-à-vis des produits importés. Mais le groupe radical-libéral salue, bien sûr, le développement de l'agriculture biologique et les performances en matière de production intégrée - qu'on oublie trop souvent.

Aujourd'hui, on entretient une querelle de chapelle entre productions intégrée et biologique. Nous soutenons la modification que le Conseil des Etats a apportée au projet du Conseil fédéral dans le domaine de la production biologique d'un point de vue sectoriel, c'est-à-dire la minorité I (Binder).

Comme l'a dit Monsieur Binder dans une interview donnée au journal "Der Schweizer Bauer" le mois dernier, la [PAGE 223] directrice de la Fondation pour la protection des consommateurs, Madame Bachmann, s'étonne de voir la proportion de céréales importées qui est utilisée pour la fabrication du pain bio. Il faut savoir qu'un pain sur quatre seulement, fabriqué sous le label "Bio Suisse", l'est avec du blé suisse. Cela veut dire qu'en Suisse, 80 pour cent du pain bio est fait avec des céréales importées. Cette proportion doit nous faire réfléchir à l'absence de concurrence qui existe dans ce domaine de l'autre côté de la frontière. A ce sujet, je pense au sketch de Fernand Raynaud - que les Romands connaissent: des villageois ont chassé leur boulanger étranger, et depuis, ils n'ont plus de pain dans le village. De même, il ne faut pas qu'on chasse nos producteurs de céréales bio et qu'on n'ait plus de céréales dans le pays.

Dans l'Union européenne, on reconnaît la possibilité de scinder une exploitation agricole pour produire de manière biologique et traditionnelle. Nous voulons offrir aux agriculteurs suisses les mêmes possibilités que celles qui existent sur notre marché pour leurs voisins européens. Il n'y a pas de différences avec une production suisse lorsqu'on importe une production qui provient d'exploitations qui pratiquent la culture biologique de façon sectorielle. Nous sommes en plein dans le débat qui demande à nos agriculteurs d'être concurrentiels tout en leur imposant des contraintes purement helvétiques.

Madame Dormond, quand vous dites que le producteur bio n'a pas à se préoccuper d'une certaine compétition, je vous réponds qu'il ne peut pas sortir du système: le producteur bio doit être en phase avec le marché bio.

Selon mon expérience - j'aimerais aussi répondre à Monsieur Hämmerle -, il n'est pas vrai d'affirmer que tous les agriculteurs biologiques sont contre le bio sectoriel; c'est peut-être vrai pour les agriculteurs biologiques fondamentalistes, mais pas pour les agriculteurs biologiques qui sont en phase avec le marché. Dans ma commune, dans ma région, nous avons un centre de préparation de pommes bio qui représente 70 pour cent du marché suisse, et ce centre s'occupe également de fruits issus de la production intégrée.

Il est vrai que l'exception pour les plantes pérennes existe. Toutefois, il ne faut pas confondre, Madame Dormond, le bio parcellaire avec le bio sectoriel, et nous ne parlons pas de bio parcellaire dans ce domaine.

Dans ce sens, la décision du Conseil des Etats, qui a été je crois admise aussi par le Conseil fédéral lors du débat, est bonne et garantit que nos producteurs bio puissent mener un combat en phase avec le marché, et non pas un combat de religion entre la production bio et la production intégrée.