John-Calame Francine · Nationalrat · 2007-03-14
John-Calame Francine · Nationalrat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2007-03-14
Wortprotokoll
Le groupe des Verts soutient la proposition de minorité, car les pâturages boisés, "Wytweiden" en allemand, méritent d'être soutenus pour des raisons écologiques. La faune et la flore de ce milieu sont beaucoup plus riches que dans un simple pâturage ou dans une forêt.
De plus, les pâturages boisés n'occupent pas une surface très importante; elle est estimée à environ 65 000 hectares. Ces pâturages, qui servent en premier lieu à la production animale, sont également importants du point de vue de leur biodiversité, de l'empreinte particulière qu'ils impriment au paysage et de l'impact touristique pour les régions concernées. Il s'agit de lieux de repos et de délassement particulièrement appréciés, notamment pour y faire la traditionnelle torrée et la débrosse.
Dans l'Arc jurassien, les pâturages boisés ont été créés et entretenus depuis des siècles par l'homme. Sans charge appropriée de bétail et sans travaux d'entretien, ils sont rapidement envahis par les broussailles pour devenir peu à peu de la forêt. Aujourd'hui, ces pâturages sont menacés, surtout en raison des critères de rendement qu'on applique à l'agriculture. En effet, les exploitations laitières ont besoin aujourd'hui de pâturages toujours plus étendus procurant des herbages de haute qualité. Ces prés sont souvent situés à proximité des fermes.
Les pâturages boisés traditionnels, en général travaillés de manière extensive, exigent beaucoup d'entretien. Dès lors, ils ne satisfont pas aux critères de rentabilité qu'on veut absolument appliquer à l'agriculture. Il en est de même pour la filière forestière. Les pâturages boisés ne sont pas intéressants économiquement parlant, car le bois qui y pousse n'a pas une grande valeur commerciale. Conséquence inéluctable de l'évolution de l'économie agricole, les endroits difficilement accessibles, ou exigeant un entretien important, sont moins ou ne sont plus du tout exploités.
Ce patrimoine paysager particulier et traditionnel doit impérativement être préservé, et, pour cela, il faut définir et soutenir un mode de gestion et d'exploitation du pâturage boisé propre à favoriser son maintien dans le long terme, c'est la raison pour laquelle il est vital d'introduire dans cette loi le principe du soutien aux pâturages boisés. Pour assurer une gestion optimale des pâturages boisés, il faudrait définir des critères permettant la valorisation des herbages, du bétail et du bois, tout en préservant l'équilibre forêt/pâture qui fait sa particularité et sa richesse écologique et sociale. [PAGE 286]
Ainsi, au final, ce ne seront pas tous les pâturages boisés qui bénéficieront des contributions pour prestations écologiques, mais uniquement ceux qui répondront aux critères définis dans l'ordonnance. Cette mesure a un coût tout à fait abordable, puisqu'il est évalué à hauteur du montant qui sera économisé par l'actualisation des surfaces agricoles utiles. Il s'agit donc d'une opération financièrement neutre qui ne prétéritera aucun autre secteur de l'agriculture, tout en assurant le maintien d'un patrimoine de grande valeur paysagère, écologique et social.
Maintenir la loi actuelle ne fera qu'accroître la pression sur ces pâturages, ce qui à terme aura pour conséquence que ces surfaces deviendront ou des pâtures sans arbres, ou alors des forêts denses, c'est-à-dire, pour parler clairement, que vraisemblablement elles disparaîtront. C'est bien pour éviter une telle catastrophe que nous souhaitons que la Confédération s'engage à mettre tout en oeuvre pour favoriser le maintien de ce patrimoine si cher à l'Arc jurassien et à certaines régions des Alpes.
Les Verts vous invitent donc à voter en faveur de la proposition de la minorité Berberat et à soutenir les propositions Schmied Walter et Kohler.