Levrat Christian · Nationalrat · 2006-09-25
Levrat Christian · Nationalrat · Freiburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2006-09-25
Wortprotokoll
Si j'en crois les médias zurichois, certains contestent ce crédit-cadre dans son principe même. Le Conseil fédéral, comme nos collègues du groupe UDC, veulent le limiter à 600 millions de francs sur quatre ans. Cela n'empêche pas le Conseil fédéral de relever que l'argent mis à disposition pour les quatre prochaines années est insuffisant et qu'il y a des dangers pour les tunnels et les ponts, ainsi que des risques pour les entreprises privées comme les Chemins de fer rhétiques, qui exploitent beaucoup de kilomètres de ligne en haute montagne.
La proposition de la minorité I (Simoneschi) prévoit 800 millions de francs. Pour ma part, avec le groupe socialiste, je souhaite que l'on suive la majorité et que la boussole du Parlement s'arrête à 920 millions de francs. Pourquoi?
Premièrement, parce que certains réseaux sont objectivement dans un état inquiétant. Il ne s'agit pas ici de faire du luxe, mais de consentir les investissements strictement nécessaires. On parle de limiter la circulation sur certaines lignes des Chemins de fer rhétiques, c'est encore une fois le cas aux Grisons, parce que des ponts ou des tunnels viendraient à s'effondrer. Ce serait, admettez-le, pour le moins étonnant que de renoncer à faire circuler certains trains pour de purs motifs de sécurité, faute d'investissements suffisants pour entretenir les infrastructures construites à grands frais par nos prédécesseurs. Il ne s'agit pas ici de traiter de la fermeture de certaines lignes pour des motifs de rentabilité ou économiques, mais bien pour des motifs de sécurité.
Deuxièmement, si les travaux nécessaires ne sont pas faits aujourd'hui, ils pourraient s'avérer beaucoup plus onéreux demain. Il en va dans les chemins de fer comme dans d'autres domaines: un défaut d'entretien génère des coûts, qui peuvent être très lourds lorsque les travaux sont entrepris tardivement. Or, aujourd'hui il y a urgence pour les Chemins de fer rhétiques bien sûr, mais également pour le MOB ou sur certaines portions du BLS.
Certains regrettent que l'on n'ait pas traité en marge de ce crédit d'investissement du paysage ferroviaire suisse. Ils font mine de regretter le renvoi de la réforme des chemins de fer 2, dont la première mouture avait été justement renvoyée à son expéditeur par ce conseil. Ils semblent refuser de traiter séparément aujourd'hui ce 9e crédit-cadre. Cette position, relayée par les journaux du week-end, est indéfendable. Elle est le fruit d'une confusion totale et incompréhensible. Bien sûr qu'il conviendra de se pencher dans le futur sur l'organisation des différentes compagnies; de consolider ce qui doit l'être; de régler la question de la participation de la Confédération ou des cantons au capital des compagnies locales respectives. Mais cette question n'a rien à voir avec celle des investissements nécessaires au maintien de la substance du rail. Quel que soit l'actionnariat des Chemins de fer rhétiques ou celui du MOB, les investissements nécessaires à l'entretien des voies, des ponts ou des tunnels devront être réalisés dans les meilleurs délais.
Parce que ces investissements sont urgents, parce que les 600 millions de francs proposés par le Conseil fédéral ne suffisent pas, parce que attendre encore pourrait engendrer des surcoûts extrêmes, je vous invite à soutenir la majorité de la commission après que vous serez entrés en matière.