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Roth-Bernasconi Maria · Nationalrat · 2007-03-19

Roth-Bernasconi Maria · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2007-03-19

Wortprotokoll

Le groupe UDC propose d'abolir la Commission fédérale contre le racisme car les cas de discrimination raciale constitueraient une exception dans notre pays: "Mieux vaut entendre ça que d'être sourd", dit-on communément! Eh bien, je ne sais pas s'ils s'appliquent ici quand je vois que ceux qui demandent cette abolition sont ceux-là mêmes qui, dans leurs campagnes politiques, utilisent des stéréotypes racistes à tout bout de champ. On croit rêver: le portrait de Ben Laden pour expliquer la nécessité de refuser la naturalisation facilitée des étrangers et étrangères de deuxième génération, des chiffres tronqués concernant les délits parmi la population des étrangers et étrangères. Non contents de flirter avec la limite du légal et de l'illégal en matière de racisme, ils viennent aujourd'hui nous demander de supprimer la Commission fédérale contre le racisme: mais dans quel monde vivent-ils? Tous les jours des actes racistes se produisent ici, de la remarque désobligeante sur l'accent ou la couleur de peau d'une personne, en passant par la discrimination à l'embauche, pour terminer par des actes violents à l'égard de personnes qui ne correspondent pas au Suisse ou à la Suissesse type. Et vous osez nous dire, Messieurs, que les actes racistes sont une exception! Les actes racistes ne sont malheureusement pas une exception et nous avons une obligation, bien que je vous soupçonne de vouloir vous y soustraire, de défendre les personnes atteintes dans leurs droits et dans leur être.

Que certains groupes osent demander l'abolition de la Commission fédérale contre le racisme m'inquiète, car cette demande est symptomatique de l'impunité dans laquelle ceux-ci, et maintenant aussi des partis politiques, se croient. Elle montre la volonté ferme de faire passer certains droits fondamentaux à l'arrière-plan, comme si la possibilité d'avoir des droits ne dépendait pas de sa qualité d'homme ou de femme, mais de sa qualité d'homme ou de [PAGE 395] femme suisse. Ceci est intolérable.

Je vous demande donc de rejeter cette motion qui va à l'encontre de la morale, de l'éthique et du respect des droits, valeurs qui sont fondamentales à notre démocratie.