Ruey Claude · Nationalrat · 1999-12-07
Ruey Claude · Nationalrat · Waadt · Liberale Fraktion · 1999-12-07
Wortprotokoll
Comme l'a rappelé M. Eymann, il y a eu mauvaise gestion et les mesures de correction ont été prises tardivement, mais est-ce vraiment une raison pour jeter le bébé avec l'eau du bain? Le rapport Hayek n'a-t-il pas montré que si l'on s'engageait à fond - et même, prévoyait le rapport à l'époque, sans la retarder -, l'Expo pourrait réussir.
La Suisse n'a-t-elle pas besoin de grands projets qui nous unissent? Bien sûr, les choses ont changé et le Conseil fédéral a changé d'avis. Alors qu'il annonçait qu'il n'y aurait pas de crédit additionnel, il se trouve maintenant avec une demande de crédit additionnel. Je crois avoir lu aussi, dans la propagande électorale de certains candidats, qu'ils ne seraient pas candidats au Conseil fédéral, et aujourd'hui ils le sont. Ils ont aussi changé car, de manière tout à fait normale, on s'adapte à des circonstances qui changent. En l'occurrence, il faut tenir compte des changements qui sont intervenus, de la reprise en main qui a eu lieu de l'exposition. On nous demande 250 millions de francs, c'est beaucoup et peu. C'est un à deux kilomètres de tunnel d'autoroute, alors que notre pays en construit des centaines. Vous me direz que c'est beaucoup, bien sûr, mais le projet en vaut la peine.
On a demandé tout à l'heure - cette question a été posée par ceux qui demandent le renvoi - ce que feraient les cantons fondateurs de l'Expo. Le canton de Vaud, que je représente aussi ici, n'est pas à l'origine du projet, puisque la précédente exposition nationale avait eu lieu à Lausanne en 1964. Mais il s'y est rallié dès le départ. Nous nous sommes engagés aussi dans ce projet et, récemment, le Gouvernement vaudois, dont j'assure la présidence cette année, a accepté, précisément parce que les circonstances changent, que nous allions dans le sens d'une rallonge financière. Le lien confédéral en vaut la peine et nous avons besoin de projets communautaires dans ce pays.
Je dois avouer que lorsque j'entends certaines oppositions, je suis quelque peu troublé. Comment concilier en effet l'esprit d'une Suisse fière d'elle, l'esprit d'une Suisse capable d'entreprendre - c'est ce qui caractérise les vrais patriotes dont je crois être -, un esprit qu'on retrouve dans le rapport Hayek, avec le fait qu'aujourd'hui, certains cèdent au défaitisme, abandonnent le combat, baissent les bras, alors que précisément ce combat peut encore être gagné. Je crois qu'il ne faut pas laisser passer l'occasion d'offrir à ce pays d'autres débats, d'autres perspectives que les seuls et douloureux débats neurasthéniques sur les années d'il y a 50 ans, aussi nécessaires que fussent ces débats, pour permettre à notre jeunesse et à l'ensemble de ce pays de vivre d'autres perspectives, des perspectives d'ouverture et d'avenir.
C'est dans ce sens que nous vous demandons d'entrer en matière.