Darbellay Christophe · Nationalrat · 2007-12-11
Darbellay Christophe · Nationalrat · Wallis · Fraktion CVP/EVP/glp · 2007-12-11
Wortprotokoll
Avec les propositions des minorités Fässler et Schwander, il s'agit soit - c'est le cas de la minorité Fässler - d'augmenter le niveau de l'aide publique au développement et de passer d'ici 2015 à 0,7 pour cent du produit intérieur brut, soit - c'est le cas de la minorité Schwander - de diminuer l'engagement de la Suisse dans le domaine de l'aide publique au développement.
La majorité de la commission vous demande de soutenir ces propositions - les décisions ont été prises à des majorités claires et sans appel - et de suivre par conséquent le projet du Conseil fédéral.
Ce que consacre la Suisse à l'aide publique au développement, c'est un montant quand même considérable de 2,25 milliards de francs prévus au budget 2008. Il y a une progression des charges de 5,6 pour cent de la Direction du développement et de la coopération, si l'on considère également les montants qui sont affectés aux contributions à l'Union européenne élargie. Si ces derniers montants ne sont pas pris en considération, l'augmentation est de 3,4 pour cent par rapport à l'année précédente.
Cette augmentation correspond à la progression prévue du produit intérieur brut; elle correspond aussi à l'objectif que s'est fixé le Conseil fédéral de consacrer 0,4 pour cent du produit intérieur brut à l'aide aux pays les plus pauvres. On a besoin de cette progression pour parvenir à cet objectif. S'il était décidé dans un deuxième temps d'augmenter cette contribution à 0,7 pour cent du PIB, il faudrait évidemment une augmentation beaucoup plus conséquente de 12,7 pour cent de notre contribution.
Ce n'est pas le lieu ici, dans le cadre de la discussion sur le budget, de se prononcer sur la stratégie, la qualité et l'efficacité des moyens engagés, ni sur l'objectif final de la progression des montants alloués à l'aide publique au développement. Ceci fera l'objet d'une discussion l'an prochain puisque le Conseil fédéral est actuellement en train de discuter de sa stratégie. C'est dans le cadre du message qui y sera consacré que nous discuterons des moyens qui seront effectivement attribués à l'aide au développement.
Quant aux volontés manifestées d'effectuer des évaluations supplémentaires, je crois qu'il faut rester raisonnable: avec 50 évaluations et audits l'an dernier, ce domaine a été suffisamment mis sous les feux de l'actualité. Je pense qu'à la fin, si l'on consacre plus d'argent pour les experts et les évaluations, il ne restera pas grand-chose pour les pays les plus pauvres!
Vous êtes de ceux qui prônez une utilisation ciblée et raisonnable des moyens dans le domaine des évaluations, des conseils, des experts externes de la Confédération. Par conséquent, je vous demande de rester aussi un petit peu raisonnables et d'arrêter de demander systématiquement des évaluations, sans quoi les moyens à disposition ne seront plus utilisés pour leur but effectif qui consiste à aider les pays les plus pauvres.
Je termine en vous disant que la part de l'aide publique au développement dans le budget de la représentation des intérêts de la Suisse à l'étranger est de deux tiers des moyens qui sont engagés au total. Par conséquent, c'est un montant qui est considérable et on discutera de ce qu'il est censé advenir - à savoir s'il faut une augmentation de 0,4, de 0,5, de 0,6 ou de 0,7 pour cent à l'avenir. Mais ce n'est pas la discussion de ce jour: en tout cas, la Commission des finances et l'examen du budget ne sont pas le cadre idéal pour mener ce type de discussion stratégique sur un domaine important.