Lexipedia

Rossini Stéphane · Nationalrat · 2007-12-11

Rossini Stéphane · Nationalrat · Wallis · Sozialdemokratische Fraktion · 2007-12-11

Wortprotokoll

Je soutiens les propositions des minorités Wäfler et Dormond Béguelin. La minorité I (Wäfler) demande de faire passer le montant alloué aux mesures de prévention de 24 995 900 francs à 30 millions de francs, et la minorité II (Dormond Béguelin) à 31 995 900 francs. Il existe bien évidemment - comme vous le savez toutes et tous - deux types de dépenses: celles qui n'obtiennent pas de contrepartie immédiate et celles qui correspondent en fait à des investissements et constituent donc des dépenses qui rapportent. Les montants proposés par les deux minorités équivalent de toute évidence à des dépenses qui constituent des investissements. En effet, en agissant sur le domaine de la prévention, nous allons pouvoir provoquer une baisse des dépenses dans le secteur de la santé et, par conséquent, une baisse des dépenses publiques - à la fois par la Confédération et les cantons - et de l'assurance-maladie.

En regard de l'augmentation qui est demandée par les deux minorités, il convient d'abord de préciser et de rappeler que le budget pour la prévention a subi des diminutions particulièrement importantes tout au long de la dernière législature, puisque ce budget est passé de 41 millions de francs en 2003 à près de 25 millions en 2008, selon le projet du Conseil fédéral. On a ainsi affaire à une diminution de 16 millions de francs, soit environ 38 pour cent.

Il ne s'agit donc pas ici tout simplement de procéder à de nouvelles dépenses, mais de procéder à une forme de rattrapage. Si cette demande de modification de budget a été formulée, c'est tout d'abord pour intervenir sur la problématique du surpoids des enfants et des adolescents, parce que la question du surpoids de la population devient aujourd'hui très clairement un problème de santé publique. Comme je l'ai dit tout à l'heure, ne pas agir dans ce domaine, c'est retarder l'explosion d'un certain nombre de coûts qui vont intervenir non pas directement dans le budget de la prévention, mais de manière globale dans le budget des dépenses de santé publique.

2,2 millions de personnes souffrent en Suisse d'un excès de poids. Eh bien, nous devons tenir compte des conséquences de cette surcharge pondérale. Ces conséquences sont dramatiques puisqu'elles conduisent à des maladies très graves: on peut mentionner le diabète, les maladies coronariennes et les problèmes liés à la dépression. D'après les analyses de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la [PAGE 1889] Suisse n'échappe pas au problème de la généralisation du surpoids et l'OMS considère d'ailleurs que cette problématique est tout simplement en train de se transformer en une épidémie. Nous devons donc être attentifs à cette question non seulement par l'adoption de conclusions de rapports d'experts, mais aussi par la volonté effective d'agir.

Aujourd'hui, nous devons absolument pouvoir mettre en oeuvre un certain nombre de mesures qui nous permettront d'agir ensuite sur les coûts de la santé. Les coûts causés par l'excès de poids sont estimés aujourd'hui à 2,7 milliards de francs dans le système de santé. De plus, les coûts des traitements supplémentaires causés par le manque de mouvement sont estimés à 2,4 milliards de francs. Donc les coûts totaux imputables au surpoids et à l'inactivité physique s'élèvent annuellement à environ 4 milliards de francs, ce qui représente approximativement 10 pour cent des coûts de la santé. Ces chiffres à eux seuls sont révélateurs de l'ampleur du phénomène et de la nécessité d'agir.

Le Conseil fédéral a donné mandat de mettre en oeuvre une stratégie qui s'inscrit dans la "Stratégie mondiale pour l'alimentation, l'exercice physique et la santé" de l'OMS. L'Office fédéral de la santé publique a mis sur pied le Programme national alimentation et activité physique 2008-2012. Un tel programme, comme je l'ai mentionné tout à l'heure, ne peut pas vivre de simples bonnes intentions; un tel programme doit être fondé sur des ressources, sur des moyens.

C'est la raison pour laquelle les minorités I et II vous demandent une augmentation relativement importante des rubriques consacrées à la prévention. Sans engager de véritables moyens, nous ne procéderons qu'à des demi-mesures et nous n'atteindrons très clairement pas les objectifs qui sont souhaités.

Je vous invite donc à soutenir les minorités I et II. L'augmentation demandée notamment par la minorité II (Dormond Béguelin) représente un franc par habitant et par année, ce qui reste modeste puisque le budget global ne représenterait qu'environ 4,50 francs par habitant et par année.

Remarquons encore que le budget prévention de la Suisse reste, avec cette augmentation, à environ 2,2 pour cent des dépenses de santé, ce qui est particulièrement bas. En comparaison internationale, les différents pays de l'OCDE y consacrent en moyenne 2,7 pour cent. Les pays comparables d'Europe, tels que l'Allemagne et les Pays-Bas, y consacrent plus du double, environ 5,5 pour cent.

Je vous invite donc à soutenir les minorités I et II.