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Thorens Goumaz Adèle · Nationalrat · 2007-12-19

Thorens Goumaz Adèle · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2007-12-19

Wortprotokoll

Près de quarante interventions parlementaires concernant les questions des enfants et des jeunes nous sont soumises aujourd'hui. Il s'agit d'un signal: les parlementaires souhaitent que le Conseil fédéral soit plus actif dans ce secteur qui ne dispose aujourd'hui ni d'une loi, ni d'un département, ni d'une stratégie spécifique.

Je suis frappée par la péjoration de l'image de la jeunesse auprès de l'opinion publique. Le concept de violence des jeunes s'est développé rapidement à partir d'une dizaine de faits divers surmédiatisés, au risque de répandre une généralisation pernicieuse, celle d'une jeunesse délinquante et dangereuse. Or, les chiffres montrent qu'il n'en est rien, cela a été dit à maintes reprises ici. A Neuchâtel, par exemple, les jeunes commettent 15 pour cent des délits globaux, ce qui correspond tout simplement à leur poids démographique. Ils ne sont ni plus ni moins délinquants que les adultes. Aujourd'hui en Suisse, la délinquance des jeunes ne touche que 0,8 pour cent de la jeunesse.

On constate cependant une hausse des dénonciations pour des actes de violence commis par les jeunes, et je pense que ce phénomène ne doit pas être minimisé. Cependant, plutôt que de stigmatiser les jeunes, il faut s'intéresser à leurs difficultés. Dans ce contexte, il est important de réaliser que les jeunes sont aujourd'hui soumis à une pression extrêmement forte.

Plutôt que d'aborder la jeunesse comme un problème, attaquons-nous plutôt aux problèmes qui affectent la jeunesse. Et ces problèmes sont nombreux. La pauvreté, tout d'abord, touche massivement la jeunesse: jeunes et enfants constituent 45 pour cent des personnes contraintes de recourir à l'aide sociale. Ensuite, l'intégration dans le marché du travail, qui est ultracompétitif, représente une difficulté importante pour une partie des jeunes, que ce soit parce qu'ils ne trouvent pas de place d'apprentissage ou parce que le système scolaire n'a pas été capable de leur fournir une formation adéquate. L'égalité des chances en matière de formation notamment est loin d'être assurée.

En outre, les adolescents, tout comme les enfants d'autre part, sont bombardés d'images déstabilisantes, violentes ou pornographiques, sans que nous leur donnions, nous les adultes, les moyens de s'en protéger. De plus, le marketing et la publicité prennent de manière de plus en plus agressive la jeunesse et l'enfance pour cible, leur imposant un système de représentation axé sur la surconsommation et la satisfaction immédiate de tous leurs désirs, sans que, à nouveau, nous, les adultes, leur donnions les moyens de s'en distancier.

Enfin, soulignons que les migrants mineurs, en particulier les enfants, sont une classe de la population particulièrement vulnérable, au point que l'on peut se demander si notre pays assure le respect de leurs droits les plus fondamentaux. C'est en tout cas la question que Madame Menétrey-Savary pose au Conseil fédéral.

Plusieurs des interventions parlementaires à l'ordre du jour aujourd'hui demandent que des solutions soient trouvées à ces problèmes. Or il est choquant de constater que le Conseil fédéral ne recommande d'accepter qu'une toute petite minorité d'entre elles.

Je vous prie de prendre la situation des jeunes vivant dans ce pays au sérieux. Les jeunes ne doivent pas être considérés comme une source d'insécurité ou de violence, car ils en sont d'abord et avant tout les victimes. Merci de défendre leurs intérêts, car ces intérêts sont aussi ceux de la société de demain.