Beck Serge · Nationalrat · 2007-06-04
Beck Serge · Nationalrat · Waadt · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2007-06-04
Wortprotokoll
Je voudrais tout d'abord vous rappeler qu'il y a un adage dans la langue française, qui date certainement du temps où l'on faisait boucherie dans chaque famille et où l'on utilisait toutes les parties du cochon. Cet adage dit qu'il ne faut pas faire prendre aux gens des vessies pour des lanternes.
Je me permettrai une certaine impertinence à l'égard du Bureau. Je pense que celui-ci s'est contenté de traiter cette problématique uniquement au niveau symbolique. J'ai en effet ressenti une certaine irritation à la lecture de la réponse du Bureau à mon interpellation. On ne nous parle que de l'arbre qui cache la forêt et l'on reste vraiment purement au niveau du traitement du symptôme, plutôt qu'à celui du mal. Assez d'hypocrisie! La moitié, peut-être les trois quarts des parlementaires sont dépendants économiquement, à des degrés plus ou moins importants, de différents lobbys.
Pour revenir plus précisément à la réponse du Bureau, j'aimerais rappeler que la lettre de la Commission de gestion du Conseil des Etats à laquelle le Bureau fait référence mentionnait deux éléments, outre l'aspect des relations entre le chef du Département fédéral de l'intérieur et le Groupe Mutuel, sur lequel ladite commission a enquêté.
Le Bureau s'est contenté de traiter du volet très facile des voyages à Taïwan. Eh bien, en matière de contre-exemple, on ne fait pas mieux! Il n'y a sans doute jamais eu autant d'efforts déployés de la part d'un pays - parce que pour moi, Taïwan est un pays, même si, pour des raisons purement économiques et financières, la Suisse ne veut pas le reconnaître - pour sensibiliser le Parlement et le gouvernement à sa situation. Et il n'y a jamais eu d'efforts aussi infructueux puisque, pour les raisons commerciales que j'ai évoquées tout à l'heure, nous continuons de ne pas reconnaître Taïwan comme un pays, de ne pas la soutenir lorsqu'elle veut entrer dans des organisations internationales.
A contrario, après avoir examiné ce contre-exemple, le Bureau se garde bien d'examiner le deuxième aspect de la lettre de la Commission de gestion qui traitait du groupe de réflexion mis sur pied par le Groupe Mutuel, groupe de réflexion pour lequel un certain nombre de parlementaires toucherait des sommes importantes annuellement.
Donc adieu le débat de fond sur les "Beiräte" du Crédit Suisse et sur tout un tas d'organisations ou d'institutions qui ont pour élément essentiel de fournir des revenus accessoires à un certain nombre de parlementaires.
Je crois qu'il faut sortir de cette hypocrisie. Où sont les vraies dépendances? Sont-elles créées au moment où l'un ou l'autre d'entre nous se voit offrir un voyage à l'étranger - cela peut être Taïwan, cela peut être une visite de centrale nucléaire, cela peut être un certain nombre d'éléments de ce type-là? Est-ce qu'il y a là une plus grande influence exercée que dans tous les cas que vous pouvez consulter sur la liste des intérêts où les parlementaires sont membres de conseils consultatifs, de comités d'associations professionnelles ou plus ou moins professionnelles? Je ne le pense pas et je regrette que le Bureau se soit contenté dans ce cadre, dans ce débat, d'une opération purement symbolique. Je crois qu'il y a lieu de réaffirmer à cette tribune que le malaise quant à la dépendance de plus en plus grande des parlementaires de la part de différents milieux économiques, associatifs ou syndicaux est très important et que nous serons amenés à le traiter tôt ou tard de manière globale et approfondie. Dans l'attente, je ne peux que me déclarer totalement insatisfait par cette réponse partiale, partielle et superficielle.