AB 81689
Brunschwig Graf Martine · Nationalrat · Genf · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2007-06-21
Wortprotokoll
Je suis un peu surprise de voir ceux qui ont déclaré à de réitérées reprises que cette loi était inutile parce qu'elle ne comportait rien de nouveau mener finalement une lutte aussi acharnée pour biffer un certain nombre d'articles.
J'aimerais donc juste vous dire ceci s'agissant des échanges scolaires: quel que soit le parti auquel on appartient, si l'on est attaché à la démocratie directe, on doit estimer que c'est une tâche à la fois nationale et confédérale que de pouvoir permettre aux élèves comme aux enseignants de connaître la réalité du pays et la réalité linguistique qui n'est pas la nôtre. On ne peut pas imaginer, dans la durée, de continuer à s'ignorer comme l'on s'ignore parfois.
Il est vrai qu'à l'heure actuelle, il existe déjà des échanges scolaires. A titre d'exemple, pour l'année scolaire 2005/06, 460 classes y ont participé au titre de la fondation "CH-Echange de jeunes", soit à peu près 9000 élèves. Mais ces échanges scolaires sont sans doute aussi insuffisants, alors qu'ils touchent les enseignants et les élèves et qu'ils sont un outil précieux, si l'on admet que l'apprentissage d'une langue nationale comporte aussi des aspects culturels et que notre pays ne peut s'appréhender seulement par le vocabulaire et la grammaire. Il faut donc insister pour dire que si l'on inscrit ceci dans une loi sur les langues, c'est parce que c'est le coeur même du multilinguisme, et pas seulement pour pratiquer la langue, mais aussi pour vivre ensemble et se connaître.
Comment peut-on vivre en Suisse en ignorant son voisin, alors qu'on est appelé en tout temps, quatre fois par année, pour prendre des décisions qui impliquent l'ensemble de la Suisse? Comment peut-on sérieusement continuer à prêcher pour l'instruction civique si l'on est incapable de voir ce qui peut se passer de l'autre côté de la Sarine, voire de l'autre côté du Gothard, suivant dans quel sens on circule?
S'il y a un article important sur trois que j'estimerais importants, celui-là en est un. Le vider de son sens en biffant ces dispositions, comme le propose la minorité I, est aberrant.
A l'inverse, le groupe radical-libéral ne soutiendra pas la minorité II parce qu'il estime que si l'on doit donner un soutien, il faut aussi que la Confédération puisse choisir ceci en fonction des projets, en fonction des résultats attendus et en fonction d'un politique clairement définie, qui ne devrait pas être celle de l'arrosoir.
C'est pourquoi le groupe radical-libéral soutient la proposition de la majorité et rejette les propositions des minorités I (Füglistaller) et II (Savary).