Sommaruga Carlo · Nationalrat · 2008-03-04
Sommaruga Carlo · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2008-03-04
Wortprotokoll
La Constitution suisse, à son article 54 alinéa 2, précise que la Confédération, dans le cadre de sa politique étrangère, s'attache notamment à promouvoir le respect des droits de l'homme, la démocratie et la coexistence pacifique des peuples. La politique de la Confédération en matière de promotion de la paix et des droits de l'homme, mise en oeuvre par le Département fédéral des affaires étrangères, s'inscrit ainsi dans un clair mandat constitutionnel et ne reflète pas, comme certains dans cette salle le laissent entendre, la seule volonté de la cheffe du département qui ne serait pas conforme aux stratégies constitutionnelles de la politique suisse.
Ce volet de la politique extérieure de la Suisse fait d'ailleurs sa spécificité, laquelle résulte notamment de la tradition suisse en matière de bons offices et de respect des droits de l'individu. Cette spécificité a contribué au niveau international à la notoriété de la Suisse dans son action diplomatique, ce d'autant plus que son action dans ce domaine a été de qualité et à l'origine d'une renommée de haut niveau. Le choix de la Suisse de ne mettre aucun pays ni aucun mouvement - armé ou non - au ban lui permet d'offrir ses services de facilitateur, de médiateur, de négociateur, dans de [PAGE 35] multiples situations. Or chaque fois que le dialogue peut être noué ou renoué entre belligérants, entre Etats en tension, entre des organisations non étatiques et des Etats, c'est une chance de plus de voir se réduire la violence et la souffrance humaine: cela constitue finalement un objectif stratégique auquel nous devrions tous pouvoir souscrire.
Dans ce domaine, la Suisse a démontré concrètement sa compétence et sa capacité réelle de permettre l'avancement de solutions de paix et de promotion des droits de l'homme: cet avantage comparatif - pour reprendre un terme économique - vis-à-vis d'autres pays comme la Norvège ou d'autres encore doit être maintenu. Il n'est pas nécessaire de multiplier les exemples d'interventions de la Suisse, que les rapporteurs ont d'ailleurs largement cités; mentionnons cependant, au niveau multilatéral, en matière de droits de l'homme, la contribution décisive de la Suisse à la constitution du Conseil des droits de l'homme à Genève, et au niveau national, le rôle déterminant de notre pays au processus de paix et de démocratie retrouvées au Népal.
Il y a donc lieu d'entrer en matière sur ce projet; c'est ce que vous invite à faire le groupe socialiste. Ne pas entrer en matière, ou voter autre chose, consiste clairement, Messieurs de l'UDC, à saboter le travail diplomatique de la Suisse à l'étranger, et tout particulièrement ce qui concerne sa tradition de bons offices.
Par ailleurs, le groupe socialiste vous invite également à soutenir l'augmentation de 20 millions de francs du crédit-cadre pour le fixer à 260 millions de francs, comme le prévoit la proposition de la majorité de la commission. Cette augmentation, outre le fait qu'elle répond aux exigences de la politique financière, permettra d'assurer au cours des quatre prochaines années un engagement d'une intensité comparable à celui dont la Suisse a fait preuve lors de la période 2004-2007. Cela lui permettra, le cas échéant, de proposer ses services dans d'autres zones d'intervention - nous pensons notamment au Kurdistan - et d'être active et performante dans le cas de problématiques nouvelles, comme celles des migrations, dossier dans lequel il s'agit d'investir des forces et de proposer des stratégies à la communauté internationale pour trouver des solutions.